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Québec coupe les ailes d’un pilote d’hélicoptère

Amélie St-Yves | Agence QMI

Un homme de 37 ans qui a investi 100 000 $ pour devenir pilote d’hélicoptère au Québec risque de devoir retourner en Italie, car son dossier figure parmi les milliers que la Coalition avenir Québec veut annuler.

«Mes études de pilote sont jetées à la poubelle comme les 18 000 dossiers», a dit Giuliano Bruno à l’Agence QMI, dimanche, en marge d'un rassemblement de soutien organisé par Québec solidaire à Montréal.

Il est arrivé au Québec il y a quatre ans avec le rêve de devenir pilote d’hélicoptère. Il a été obtenu sa licence de pilote professionnel en huit mois de cours, puis a complété une Attestation d’études collégiales. Il a ensuite été engagé par la compagnie Héli-Inter de Saint-Hubert.

Il a commencé en travaillant au sol, tout en cumulant des heures de vol. Il travaillait, payait des impôts et parlait français.

Or, il a alors perdu son emploi en décembre, car son visa de travail a expiré avant qu’il n’obtienne son certificat de sélection du Québec (CSQ). Ce document lui aurait permis de demander sa résidence permanente.

M. Bruno assure que les fonctionnaires de l’Immigration lui ont toujours dit qu’il obtiendrait son CSQ avant la fin de son visa. Son dossier d’immigration figure maintenant parmi les 18 000 que la Coalition avenir Québec veut annuler.

«Ça me brise les ailes, voilà», a-t-il résumé.

Visiteur

Après avoir passé le temps des Fêtes en Italie, il est revenu au Québec en janvier en tant que visiteur, pour un maximum de six mois. Il ne peut donc pas travailler.

S’il voulait être pilote d’hélicoptère en Italie, il devrait se soumettre à d’autres formations et examens, qui lui coûteraient de 20 000 à 25 000 euros.

Giuliano Bruno était au rassemblement de soutien organisé par Québec solidaire dimanche et a pris la parole pendant la période de commentaires. Il a été applaudi chaleureusement par environ 200 militants.

Injonction

Une demande d’injonction est actuellement étudiée par un juge, qui déterminera s’il est légal que la CAQ ne traite pas les dossiers alors que la loi n’est pas encore adoptée. Une décision devrait être rendue cette semaine.

Le président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration, Guillaume Cliche-Rivard, a par ailleurs indiqué qu’un revers en Cour supérieure ne signifiait pas la fin des démarches juridique et que le projet de loi en tant que tel pouvait possiblement faire l’objet de recours devant les tribunaux.

La co-porte-parole du parti politique, Manon Massé, a invité la population à se mobiliser.

«Il ne voit pas qu’avec son projet de loi, il s’en prend aux rêves d’autres personnes», a-t-elle dit en parlant du ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette.

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