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Elle a un cœur mécanique après avoir bu trop de boissons énergisantes

TVA Nouvelles

Une jeune femme de Québec doit vivre avec un cœur mécanique parce qu’elle a bu trop de boissons énergisantes.

Son cœur s’est étiolé au point où elle s’est retrouvée à l’hôpital pendant plusieurs mois.

«J’en buvais autant que je pouvais, mais une bonne moyenne de 4 à 8 [canettes par jour] facilement, témoigne Jasmine Gitego à l’émission de Denis Lévesque. On s’habitue au goût sucré, c’est comme pour le café.»

La femme de 27 ans, qui était une adolescente de 15-16 ans quand elle s’est procuré sa toute première canette, préférait ce type de boisson plutôt que de boire de l’eau ou tout autre liquide pour étancher sa soif. Résultat: sa surconsommation de boisson énergisante l'a amenée à ingérer au fil des années une quantité astronomique de sucre.

Elle décrit ainsi ses sensations: «Au début, tu te sens beaucoup plus réveillé, puis à un certain moment, tu te convaincs que tu vas être plus productif, j’ai soif, absolument toutes les raisons pour te réhydrater, même si, au fond, tu consommes juste du sucre», admet-elle.

Bien que Jasmine ne soit pas elle-même fumeuse, elle conçoit très bien que son degré de «dépendance» aux boissons énergisantes ressemblait à celui qui caractérise les adeptes de la cigarette. «En me levant le matin, ma journée n’était pas commencée si je n’avais pas pris ma boisson énergisante. À l’heure du midi, je me disais, je peux sauter le repas parce que j’ai bu la deuxième et ainsi de suite.»

Elle trouvait toujours le moyen de s’en procurer, peu importe le moment de la journée. «Il y a toujours des dépanneurs ou des épiceries partout. J’étais prête à me fournir 24 heures sur 24.» Lentement mais sûrement, elle a continué jusqu’à créer l’habitude. Elle en prenait à la place de manger ou pour vivre plus facilement telle ou telle émotion.

 

«C'est comme l'alcool»

«Avec les gens qui me suivent à l’IUCPQ (Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec), j’ai réalisé que c’est comme l’alcool, car tu as tendance à dire, mais non, je n’ai pas un gros sevrage, mais si tu en as toujours besoin, tu te dis toujours je vais m’en prendre une parce que [telle raison], et bien, c’est que tu as un petit problème», appuie-t-elle.

Alors que Santé Canada recommande un maximum de 400 milligrammes de caféine par jour, l’ingestion de boissons énergisantes en fournit déjà quelques centaines à l’unité. Pour la principale intéressée, tout est une question d’habitude. «J’en prenais même avant de me coucher!», lance-t-elle, en reconnaissant qu’elle a toujours été insomniaque. Ce à quoi le populaire animateur de LCN rétorque avec un brin d’humour: «Je comprends! Moi, je prends une petite tisane corsée et je ne dors pas...»

Un jour, elle a senti dans son corps un effet de très grande fatigue. «Je me disais toujours que ça allait passer. Au travers de ça, on m’avait décelé une pneumonie et on me disait: "c’est peut-être pour ça que t’es fatigué, prends des antibiotiques, ça va passer". Mais ça a été de pire en pire et mes parents ont dit: "non, c’est l’ambulance, il y a quelque chose qui ne marche pas, c’est pas une pneumonie que tu as". Rendue là, je suis rentrée à l’hôpital pour ne pas en sortir de sitôt.»

Ce n’était pas une pneumonie, en effet. Ses médecins lui ont fait passer une échographie cardiaque qui a démontré que la jeune femme souffrait d’insuffisance cardiaque sévère. Ils l’ont placée sous intraveineuse pendant plusieurs jours.

Même après lui avoir administré une batterie de tests, les médecins n’arrivaient pas à trouver la cause de son problème de santé. «Puis, en la questionnant, l’équipe médicale a réalisé que sa consommation de boisson énergisante pouvait être en relation avec son insuffisance cardiaque», explique le Dr Mario Sénéchal, cardiologue à l’IUCPQ, qui a traité Jasmine et qui était à ses côtés pour répondre aux questions de Denis Lévesque.

Le Dr Sénéchal a détaillé le fonctionnement du cœur mécanique que la jeune femme a dû se faire implanter.

Voyez l’entrevue complète à Denis Lévesque dans la vidéo ci-haut (en deux parties)