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Plonger dans une mine abandonnée à Oka

Stéphane Sinclair | Journal de Montréal

Gracieuseté

Un centre de plongée sous-marine et un parc aquatique pourraient bien voir le jour dans l’ancienne mine d’Oka, au nord de Montréal.

La compagnie Nepteau de Montréal veut ouvrir un centre de plongée sous-marine extérieur toute saison dans cette mine laissée à l’abandon en 1976 par la St. Lawrence Colombium.

La municipalité veut également y installer une petite plage et des installations de saut à l’élastique au-dessus de l’eau.

Le tout devrait être en activité en 2022.

Pour ce faire, le terrain de la mine devra d’abord être décontaminé. Des résidus miniers (scories) légèrement radioactifs jonchent le sol.

L’endroit doit l’être en vertu d’un nouveau programme de décontamination provinciale, aux frais de Québec.

Appel d’offres

«À ce jour [...] le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles prépare le processus d’appel d’offres pour les opérations de décontamination», souligne M. Pascal Quevillon, maire de la municipalité d’Oka.

Par le passé, plusieurs projets controversés entourant l’ancienne mine ont été rejetés par les résidents d’Oka et les Mohawks de Kanesatake.

Ceux-ci misaient sur l’exploitation minière du site, dont deux projets de mines de niobium proposées par Niocan et Eco-Niobium.

Cette fois-ci, la vocation récréotouristique proposée saura rallier les citoyens, est d’avis le maire d’Oka, Pascal Quevillon.

La Ville souhaite à tout prix donner une nouvelle vocation au lieu qui est à l’abandon depuis des décennies.

Le site de l’ancienne St. Lawrence Colombium est une cicatrice profonde et persistante pour la petite communauté d’Oka.

Lorsque la mine était en fonction, elle exploitait du niobium, un métal rare et recherché qui permet de renforcer l’acier tout en réduisant son poids.

Elle a fermé ses portes en 1976 après une grève. Après quoi le terrain a été laissé à l’abandon. Ses bâtiments et ses équipements ont été rongés par la rouille pendant plus de 20 ans.

Nombreux tunnels

Le site a beau être contaminé par des scories, ça n’a pas pour autant empêché les curieux et les baigneurs de s’y aventurer après la fermeture de la mine.

Pendant des années, ils ont profité de l’eau cristalline des caps de roche pour sauter d’une hauteur dépassant les 30 pieds.

Des plongeurs y allaient régulièrement pour visiter les nombreux tunnels, risquant leur vie.

Deux plongeurs de la Sûreté du Québec en congé y ont perdu la vie en 1990. Ils se seraient aventurés dans des tunnels en profondeur. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés.

Devenue propriétaire du lieu peu de temps après la fermeture de la mine, la petite municipalité d’Oka a dû attendre à la fin des années 90 pour amasser tous les fonds nécessaires afin de sécuriser le site avec des clôtures, puis détruire les bâtiments qui menaçaient de s’effondrer.

Il existe déjà deux sites récréotouristiques en Outaouais et à Thetford Mines similaires à ce qu’on veut faire de la mine d’Oka. Mais son promoteur a bon espoir que la proximité de Montréal jouera en sa faveur.

«On est à seulement 40 km de Montréal. L’eau cristalline du site est incroyable et il y a une petite forêt sous l’eau», plaide Michel Béliveau, l’un des deux promoteurs et instructeur de plongée.

D’autant plus que la mine d’Oka se trouve à une centaine de mètres de l’ancienne abbaye d’Oka. Celle-ci vient d’être vendue à un promoteur qui va en faire un hôtel ainsi qu’un centre d’activités touristiques. Les deux projets se marient très bien, se réjouit le maire.