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Châtiments corporels: des parents sous l’emprise d’un pasteur

TVA Nouvelles

La sordide histoire de ce pasteur de la Rive-Sud de Montréal et de sa conjointe visés par de graves accusations pour avoir infligé des châtiments corporels à des enfants frappe les esprits notamment à cause du nombre d’années, plus de 40, sur lesquelles ces sévices se sont étirés.

«On peut être surpris que ça dure, mais on en est à la deuxième génération, [...] c’est le système éducatif dans lequel [ces gens-là] ont été élevés et qu’ils reproduisent», a indiqué le psychologue Gilles Vachon, en entrevue au TVA Nouvelles.

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L’enquête sur le couple a d’ailleurs été difficile, plusieurs victimes alléguées hésitant à porter plainte après avoir subi des sévices aux mains de leurs propres parents qui fréquentaient l’église et qui mettaient les prêches en application.

«Il y a peut-être certaines personnes qui vont être inculpées et qui ont elles-mêmes été victimes quand elles étaient petites et qui reproduisaient ça avec leurs enfants», avertit le psychologue.

Des caractéristiques qui seraient associées à un système sectaire, selon lui.

«Les gens sont relativement isolés dans leurs systèmes de croyances. C’est d’ailleurs le propre même des gourous de s’assurer que ces gens-là respectent les règles», a-t-il expliqué, précisant que les gens empêtrés dans ces systèmes subissent un contrôle tant psychologique que financier ou familial.

Une emprise qui place les plaignants devant un double dilemme: «Ou je trahis le bourreau d’appartenance, ou encore j’en prends conscience et j’ai honte d’avoir été dupe», a illustré M. Vachon.

Mario Monette et sa conjointe Carole Van Houtte, 65 ans tous les deux, ont été arrêtés jeudi par le Service de police de l’agglomération de Longueuil. Ils ont comparu au palais de justice de Longueuil vendredi, pour être accusés notamment d’agression armée, de voies de fait, d’avoir infligé des lésions corporelles, de menaces, de séquestration et d’incitation à commettre un acte criminel.

Les accusations concernent huit victimes, qui étaient toutes mineures au moment des gestes allégués entre 1974 et 2019.

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