/regional/montreal/laurentides

Des policiers de Mont-Tremblant sous écoute dans leur propre poste?

TVA Nouvelles

Les relations de travail sont tendues au Service de police de Mont-Tremblant, dans les Laurentides, et TVA Nouvelles a appris que des policiers ont porté plainte parce qu'ils se disent victimes d'écoute électronique.

Ces écoutes auraient même cours alors qu'ils discutent d'enquêtes ou de stratégies d'opération.

«Ce qu'on décrit en ce moment, c'est que la situation est vraiment malsaine. On a un climat de travail malsain», déplore Serge-Alexandre Bouchard, de la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant.

Tout a commencé il y a un an. Le président de la Fraternité dit avoir découvert à ce moment qu'il était possible pour des collègues à l'intérieur du poste d'écouter des conversations de la salle de réunion des policiers à leur insu.

Un endroit où des discussions sensibles ont souvent lieu.

«Un policier, non seulement peut avoir une conversation privée avec un collègue, qui peut être entendue par un autre collègue qui n'est pas dans la salle, mais aussi, ils peuvent parler d'opérations policières», explique M. Bouchard.

Ce vieux système d'interphone, qui semble sortir tout droit de l'époque de la Guerre froide, permettrait d'entendre des conversations de la salle de réunion. La personne se trouvant derrière la console pourrait activer le micro à distance et en toute discrétion.

Le syndicat a porté plainte, demandé que l'on retire l'équipement et la direction a mené une enquête, mais rien n'aurait changé.

«Les intercoms sont toujours là. Nous, on a demandé leur retrait de ces intercoms-là ou la modification du système tout simplement.»

Sanctions

Le représentant du syndicat déplore que depuis, les relations de travail se soient envenimées. Sur les 40 policiers que compte le service, 29 font aujourd'hui l'objet d'une sanction ou d'une enquête disciplinaire.

«On veut que le harcèlement psychologique cesse, parce qu'on a déposé une plainte de harcèlement psychologique. On veut que ça cesse. On veut que le climat redevienne viable.»

Pour le moment, il n'y a aucune négociation en cours entre les parties syndicale et patronale.

«Nous-mêmes, comme policiers, si on veut faire de l'écoute électronique, ça nous prend un mandat d'écoute, soulève Robin Côté, de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec. Eux peuvent se permettre d'écouter nos policiers pendant qu'ils discutent de choses personnelles ou professionnelles. On trouve que c'est inacceptable.»

Vers l’arbitrage

Au téléphone avec TVA Nouvelles, le directeur des ressources humaines de la Ville de Mont-Tremblant, Daniel Hébert, ne nie pas les informations.

«Il y a eu des enquêtes qui ont été faites de notre côté, mentionne M. Hébert. Nous, on est arrivés à des conclusions qui ne sont pas partagées par le syndicat. Ce qui est prévu dans le cadre de nos relations de travail, bien, c'est d'aller en arbitrage.»

Le directeur des ressources humaines de Mont-Tremblant ajoute qu'il est préoccupé face à cette situation, mais que la Ville fait tout pour régler le dossier.

-D’après le reportage de Mathieu Belhumeur