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Trop d’heures à la garderie pourrait être néfaste pour les petits

TVA Nouvelles

Une étude publiée par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) jeudi a révélé que les enfants qui fréquentent plusieurs services de garde pendant la petite enfance, ou qui passent un nombre d’heures élevé en garderie, sont plus vulnérables sur certains aspects de leur développement.  

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D’après cette enquête, les petits qui ont fréquenté  au moins trois services de garde différents ou plus avant l’entrée à l’école, «ont une plus grande probabilité d’être vulnérables dans au moins un domaine que ceux ayant fréquenté un seul milieu», indique l’Observatoire des tout-petits, qui a réagi aux conclusions de l’enquête de l’ISQ.

Par ailleurs, les enfants qui ont fréquenté une garderie (ou CPE), ou milieu familial en moyenne 35 heures par semaine, ont plus de risques d’être vulnérables dans au moins un domaine du développement, par rapport aux enfants gardés moins de 25 heures par semaine.

«Ils s’en tirent moins bien lorsqu’ils entrent à la maternelle», a fait savoir Fannie Dagenais directrice de l’Observatoire des tout-petits en entrevue avec Mario Dumont.

Quelles compétences?

Si les enfants gardés développent de bonnes habiletés en communication et en connaissances générales, ils sont plus vulnérables sur le plan de la maturité affective et des compétences sociales.

Donnée qui risque de surprendre les parents : les enfants confiés à un service de garde en milieu familial subventionné s’en tirent mieux au niveau des compétences sociales, et de la maturité affective, que ceux qui fréquentent une installation (CPE, garderie privée, subventionnée, ou non).

Cette différence peut s’expliquer sur le ratio adulte-enfant qui est différent en installation et en milieu familial et sur la taille des groupes, selon l’Observatoire.

N’empêche, les services de garde pendant la petite enfance peuvent améliorer et contribuer positivement au développement des enfants, et plus précisément, ceux issus d’un milieu défavorisé.

La qualité pas toujours au rendez-vous

Encore faut-il que les services de garde soient de qualité,  ce qui n’est pas toujours le cas, rappelle l’organisation.

 «Selon un publié par l’Observatoire au printemps dernier, les enquêtes révèlent qu’une proportion non négligeable de tout-petits fréquente des services de garde éducatifs à la petite enfance de faible ou très faible qualité. Des enjeux de qualité existeraient dans tous les types de milieux, qu’il s’agisse des CPE, des garderies subventionnées ou non subventionnées, des milieux familiaux ou des maternelles 4 ans», peut-on lire dans le communiqué.

Dans le cas de l’enquête de l’Institut de la statistique du Québec, la qualité des services de garde n’a pas été évaluée, souligne l’Observatoire, et les résultats qui en découlent auraient pu être plus précis.

Selon Mme Dagenais, il faut réfléchir notamment à l’accès des enfants aux services de garde – pour éviter de changer de milieu fréquemment - mais également trouver des façons d’améliorer la conciliation travail-famille afin de permettre aux parents de passer plus de temps avec leurs enfants.

Chiffres de l’ISQ

Près de 92 % des enfants ont fréquenté un service de garde avant d’entrer à la maternelle

12% sont entré dans un service de garde à partir de 3 ans

22% des enfants ont changé au moins trois fois de garderie

13% des enfants passent moins de 25 heures par semaine à la garderie (ou CPE ou milieu familial)

11% des enfants vont  dans un service de garde plus de 45h ou plus par semaine

 

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