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Jane Philpott démissionne du gouvernement Trudeau

Émilie Bergeron | Agence QMI 

Un pilier du gouvernement Trudeau a claqué la porte lundi dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin, jugeant impossible de se ranger derrière la position défendue par le premier ministre et son cabinet.

La pression qui pèse sur Justin Trudeau depuis des semaines est donc encore montée d’un cran quand la présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, a annoncé sa démission, la troisième reliée à cette affaire.

 

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«Malheureusement, la preuve d’efforts faits par des politiciens ou représentants pour mettre de la pression sur l’ex-procureure générale afin qu’elle intervienne dans le dossier criminel impliquant SNC-Lavalin [...] a soulevé de sérieuses inquiétudes chez moi», a-t-elle affirmé en anglais dans une lettre adressée au premier ministre et publiée sur son site internet.

Respectée pour avoir mené à bon port des dossiers complexes, comme l’aide médicale à mourir, la ministre démissionnaire, qui avait pratiqué la médecine avant de se lancer en politique, a expliqué s’être retrouvée dans une position intenable alors qu’elle devait défendre le discours du gouvernement.

«J’ai malheureusement perdu confiance en la façon dont le gouvernement a géré ce dossier et sur comment il a répondu aux enjeux soulevés», ajoute dans sa missive celle qui avait auparavant été ministre de la Santé et ministre des Services aux Autochtones.

L’affaire SNC-Lavalin a éclaté lorsque le journal «Globe and Mail» a allégué que Mme Wilson-Raybould a subi des pressions pour aider la multinationale québécoise à éviter un procès criminel pour fraude et corruption.

Justin Trudeau, son plus proche conseiller Gerald Butts, ainsi que Michael Wernick, le plus haut fonctionnaire fédéral, ont tous nié avoir quoi que ce soit à se reprocher. S’ils ont avoué qu’une forme de pression sur Mme Wilson-Raybould ait pu être exercée, cette pression n’était pas «inappropriée», ont-ils fait valoir.

Le départ de Mme Philpott, qui s’ajoute à ceux de Mme Wilson-Raybould et Gerald Butts, témoigne d’une «fissure importante au sein du gouvernement», estime le politologue François Rocher, de l’Université d’Ottawa.

«C’est un désaveu majeur et plutôt rarissime dans l’histoire politique canadienne, qu’un membre du cabinet quitte ses fonctions sur la base d’une décision qui touche un autre ministère que le sien», a-t-il souligné.

L’ex-ministre Wilson-Raybould n’a pas tardé à envoyer un message de soutien à sa collègue démissionnaire et amie, en affirmant sur Twitter avoir hâte de « continuer à travailler à [ses] côtés».

 

Le ministre de l'Infrastructure, François-Philippe Champagne, s'est dit déçu du départ de Mme Philpott en entrevue avec TVA Nouvelles. Il a toutefois fait valoir que la démission d'une personne ne représentait pas un état généralisé au sein du cabinet.