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Québec n’enquêtera pas sur les groupes religieux

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

La journée même où le pasteur de Longueuil et sa femme ont été arrêtés pour avoir infligé des châtiments corporels à des enfants, les caquistes sont revenus sur leur position de mettre sur pied une commission parlementaire sur les dérives sectaires de groupes religieux.

« C’est un non-sens de ne pas enquêter sur ce qui se passe dans les groupes religieux. Le message que ça leur envoie, c’est qu’ils peuvent continuer à faire ce qu’ils veulent et que personne va se mêler de leurs affaires », dénonce Manon Boyer, la tante d’Éloïse Dupuis, cette témoin de Jéhovah décédée après avoir refusé une transfusion sanguine.

Depuis la mort de la jeune femme en 2016, Mme Boyer travaille pour qu’on dresse un portrait de la situation des mouvements sectaires au Québec et pour que les lois soient adaptées en conséquence.

L’arrestation jeudi du pasteur Mario Monette et de sa femme Carole Van Houtte l’a fait sortir de ses gonds et vient « démontrer au gouvernement que les dérives sectaires, ça arrive au Québec ».

Il a « abandonné Éloïse »

« Le gouvernement doit revenir sur sa décision et protéger ses citoyens. On ne peut se fermer les yeux », fait valoir Manon Boyer, qui affirme avoir reçu de nombreux témoignages concernant d’autres groupes religieux, où les abus sexuels sur les enfants seraient très fréquents.

Elle estime que le premier ministre François Legault « a abandonné Éloïse » en ne permettant pas la tenue d’une commission parlementaire.

« Je ne peux pas croire qu’au Québec, on laisse mourir une personne à cause de ses croyances religieuses. [...] Il faut voir comment on peut régler ça, là, mais c’est inacceptable, c’est triste », avait pourtant affirmé M. Legault quelques jours après le décès de la femme de 27 ans.

Une secte ?

Plusieurs anciens fidèles avec lesquels Le Journal a pu s’entretenir n’hésitent pas à qualifier l’Église biblique baptiste métropolitaine sud de secte en raison de l’important contrôle psychologique exercé par le pasteur Mario Monette sur les membres.

Un avis qui est partagé par le spécialiste en religion Alain Pronkin, qui estime que l’église de Saint-Hubert comporte plusieurs caractéristiques « inquiétantes ».

« Pour le bien-être des enfants, c’est très préoccupant ce qui se passe là-bas. On semble avoir là-bas un leader très autoritaire, qui semble vouloir isoler ses fidèles », analyse-t-il.

Du côté de l’organisme Info-Secte, on indique avoir reçu quatre appels dans les dernières années pour des inquiétudes liées à la façon dont sont traités les membres de l’endroit.

« Le premier appel pour cet endroit remonte à 1988, indique Mike Kropveld, directeur général d’Info-Secte. Sur notre site internet, nous avons de l’information pour offrir du soutien aux gens qui ont été affectés par leur passage dans cette congrégation. »

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