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Le directeur de la SQ Martin Prud’homme relevé provisoirement de ses fonctions

Le directeur général de la Sûreté du Québec Martin Prud’homme est suspendu de ses fonctions en raison d’une allégation relative à des infractions criminelles.

«Notre gouvernement a agi rapidement dans cette situation afin de rassurer la population, de protéger l'institution qu'est la Sûreté du Québec, de préserver la confiance du public en nos institutions et surtout de ne pas nuire à l'enquête qui est en cours», a lancé mercredi la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault, lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale. L’enquête sera menée par le Bureau des enquêtes indépendantes.

 

Le BEI confirme également la prise en charge «d’une enquête de nature criminelle» concernant Martin Prud’homme. «Le BEI ne divulguera aucune information sur les faits ou sur l’enquête», a affirmé l’organisme dans un communiqué de presse laconique.

Mme Guilbault n'a voulu préciser ni la nature des infractions criminelles présumées ni à quel moment elles auraient été commises. On ne sait pas non plus si ces infractions alléguées ont eu lieu dans le cadre du travail de M. Prud’homme ou dans sa vie personnelle. Selon TVA toutefois, elles seraient liées à l’enquête du BEI sur les fuites à l’UPAC et sur le député Guy Ouellette.

 

La ministre a été informée mardi de l’allégation. La secrétaire générale associée aux emplois supérieurs du ministère du Conseil exécutif a rencontré mercredi matin M. Prud’Homme pour lui annoncer la nouvelle. Elle a pris la décision, «par mesure administrative», de le relever provisoirement de ses fonctions, le «temps nécessaire à la réalisation de l’enquête et à l’examen approfondi de la situation».

M. Prud’homme n’a pas été arrêté et n’est accusé de rien pour l’instant, souligne la ministre Guilbault. «Il s’agit d’une mesure préventive pour permettre à l’enquête de se poursuivre. Nous allons attendre le résultat de l’enquête du BEI», a-t-elle indiqué.

Le DG adjoint de la SQ, Mario Bouchard, a été désigné par la ministre Guilbault pour assurer l’intérim à la direction du corps policier. M. Prud’homme est connu du public pour avoir été choisi par l’ancien gouvernement pour faire le ménage au Service de police de la Ville de Montréal.

SÛRETÉ DU QUÉBEC

 

«On n’est pas dans District 31»

De son côté, la porte-parole libérale en matière de sécurité publique Christine St-Pierre estime que le gouvernement Legault a «fait ce qu’il avait à faire» en suspendant M. Prud’homme. Elle note toutefois que le policier a une «réputation sans tache» et qu’il a été choisi par un comité indépendant. «Est-ce que des gens essaient de ternir des réputations ? Je ne sais pas», a lancé Mme St-Pierre.

Ce n’est pas la première fois qu’un dirigeant policier est éclaboussé. En 2012, le grand patron de la SQ Richard Deschênes est dégommé par le Parti québécois. Une enquête est rapidement ouverte sur lui et sur d’anciens cadres supérieurs concernant l’utilisation de fonds secrets. M. Prud’homme était alors sous-ministre à la sécurité publique.

Plus récemment en 2018, le patron du SPVM Philippe Pichet a quitté ses fonctions à la suite d’un rapport dévastateur de Martin Prud’homme, choisi par Québec pour faire le ménage au SPVM. Le 1er octobre dernier, en pleine journée d’élection générale, le patron de l’UPAC Robert Lafrenière a remis sa démission alors que son contrat courait jusqu’en 2021.

Avec tous ces rebondissements, Mme St-Pierre rappelle d’ailleurs pince-sans-rire «qu’on n'est pas dans District 31».

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