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Fils d’anti-vaccins, ce survivant de la rougeole a un message pour vous

TVA Nouvelles selon CNN

gracieuseté CNN Josh Nerius

Après avoir survécu à la rougeole, un jeune Américain que ses parents avaient décidé de ne pas faire vacciner tient à raconter son histoire pour alerter la population, rappeler que cette maladie n’a rien de banal... et qu’il est chanceux d’être en vie pour pouvoir en parler.

Joshua Nerius, 30 ans, est gestionnaire de produits informatiques à Chicago. Il y a trois ans, il a été pris d’une fièvre aussi soudaine qu’intense et d’éruptions cutanées.

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Pouce en bas

Les médecins consultés ont eu beau lui prescrire des antibiotiques, rien n’y faisait: son état ne faisait qu’empirer. Si bien qu’il s’est retrouvé à l’urgence, où la question est tombée de la bouche d’un médecin: avez-vous été vacciné? Le spécialiste soupçonnait déjà qu’il puisse s’agir de rougeole.

Sans attendre, M. Nerius a texté sa mère pour vérifier, ce à quoi il a reçu, pour toute réponse, une émoticône de pouce vers le bas. Cela lui a valu de se retrouver sur-le-champ dans une chambre d’isolation, à l’hôpital Northwestern Memorial, à Chicago.

Gravement malade, le jeune homme est devenu si faible qu’il n’était plus capable de se déplacer sans aide. Il a perdu 25 livres et il lui a fallu plusieurs mois pour se rétablir pleinement.

«Je me sentais tellement mal... J’en ai vraiment bavé», a-t-il raconté à CNN.

Quand il entend parler de l’épidémie de rougeole qui touche l’État de Washington, il souffre. Il souffre en pensant à cette douzaine d’enfants qui doivent vivre avec les conséquences des choix de leurs parents, qui ont préféré ne pas les faire vacciner.

«Ça me met tellement en colère! Mes parents croyaient bien faire, ils avaient été convaincus par des anti-vaccins», relate-t-il. Il ne leur en veut pas, conscient qu’ils n’avaient pas accès, dans les années 80, à autant d’informations que maintenant. Aujourd’hui, ceux qui ont des enfants n’ont toutefois plus d’excuses, estime-t-il.

Rare survivant

Joshua Nerius fait partie de ces rares adultes à faire l’expérience de la rougeole et à pouvoir raconter comment c’était.

Au-delà de la souffrance physique qu’il a endurée, le survivant a déclaré, à rebours, que le danger qu’il représentait pour autrui est ce qui lui a donné le plus froid dans le dos.

En effet, après avoir contracté la maladie sans le savoir, lors de la graduation de sa sœur où se trouvait un invité hautement contagieux revenant de l’étranger, il avait participé à un important rendez-vous techno à Las Vegas.

«Je serrais des centaines de mains chaque jour. Je n’étais pas encore contagieux, mais je ne peux m’empêcher de penser au nombre de personnes que j’aurais infectées si le ‘’timing’’ avait été légèrement différent».

Propos inconscients

«La rougeole semble relever d’une époque lointaine et ne fait plus partie de nos préoccupations, alors on pense qu’il n’y a rien là», a déclaré le Dr Paul Offit, qui dirige le Centre d’information sur les vaccins de l’hôpital pour enfants de Philadelphie.

 

Le spécialiste se désole des déclarations de Darla Shine, la conjointe du directeur des communications à la Maison-Blanche, qui déclarait le mois dernier qu’elle aurait bien voulu que ses enfants contractent la rougeole comme elle-même l’a eue quand elle était enfant. «Ramenez les #maladies enfantines, elles nous gardent en santé», a-t-elle tweeté le 13 février.

Le Dr Offit, qui est pédiatre, croit que cette femme changerait probablement d’avis si elle pouvait voir les enfants qu’il a soignés en 1991, lors d’une épidémie de rougeole qui a frappé Philadelphie.

«Ils étaient absolument misérables», se souvient-il. «Et parfois, ils étaient morts.» Neuf enfants ont d’ailleurs perdu la vie lors de cette éclosion.

«Quand Darla Shine raconte à quel point c’était formidable qu’elle ait attrapé la rougeole quand elle était enfant, elle oublie de mentionner qu’elle a de la chance de pouvoir raconter son histoire parce qu’elle a survécu. Ceux qui sont morts... on ne les entend pas», a laissé tomber le médecin.

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