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Le Doc Mailloux est-il encore un risque pour les adolescents?

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

Le psychiatre Pierre Mailloux s’est adressé aux médias à sa sortie de l’audience avec le Comité de discipline du Collège des médecins du Québec, à Trois-Rivières, mercredi.

Amélie St-Yves

Le psychiatre Pierre Mailloux s’est adressé aux médias à sa sortie de l’audience avec le Comité de discipline du Collège des médecins du Québec, à Trois-Rivières, mercredi.

Il faut protéger les adolescents du psychiatre Pierre Mailloux, croit le syndic du Collège des médecins du Québec, qui s’oppose fermement à sa volonté de renouer avec cette clientèle.

«C’est un cheval de Troie qui nous effraie. Laissons-le de l’autre bord des berges», a soutenu Me Jacques Prévost, mercredi, devant le Conseil de discipline du Collège des médecins, à Trois-Rivières.

L’avocat qui représente le syndic a plaidé vigoureusement contre la requête du controversé psychiatre de retrouver son droit de traiter des adolescents de 13 à 17 ans souffrant de schizophrénie ou de trouble de la bipolarité avec psychose.

Celui qu’on surnomme le Doc Mailloux ne peut plus traiter les mineurs depuis 2008, parce qu’il a prescrit de trop grandes doses de médicaments à des enfants de 6 à 12 ans, causant ainsi un risque pour leur santé.

L’homme, qui a été radié huit fois au cours de sa carrière, a aussi été trouvé coupable d’avoir diagnostiqué des troubles psychiatriques trop rapidement à certains jeunes.

Pas de garantie

Mardi, le Doc Mailloux a promis au Conseil de discipline que s’il pouvait de nouveau pratiquer auprès des adolescents, il ne le ferait qu’avec deux médicaments précis. Il s’est également engagé à respecter les limites de dosages quotidiennes recommandées par les compagnies pharmaceutiques.

Me Prévost a averti qu’il ne fallait pas prendre la demande du Doc Mailloux à la légère.

Il a souligné que même si les limites de dosage sont respectées, les termes proposés par le Dr Mailloux ne garantissent pas que les adolescents seraient bien diagnostiqués.

Frustré

Le fait que Pierre Mailloux tranche lui-même si le jeune souffre d’un trouble psychiatrique est un problème, selon lui, en raison de ses antécédents de diagnostics trop rapides.

Me Prévost a souligné que rien ne prouve que le psychiatre a amélioré sa façon de diagnostiquer.

Il faut ainsi refuser sa requête pour protéger la sécurité du public, d’après l’avocat.

«Ce n’est pas personnel. On est là parce qu’on est inquiet pour les enfants et les adolescents. Un bon diagnostic, ce n’est pas une option», a-t-il souligné.

Le Doc Mailloux s’est dit frustré d’entendre de tels propos à une audience publique.

«Il a gagné devant tous les comités de discipline avec son art dramatique. Il est excellent», a-t-il affirmé au sujet des plaidoiries de Me Prévost.

Le psychiatre a avancé que de telles affirmations pouvaient nuire à sa réputation. Il est outré qu’on mette en doute sa capacité à poser des diagnostics, d’autant plus qu’il pratique auprès d’adultes, dont des personnes âgées.

«Il y a une partie qui est carrément insultante. On n’est plus dans la preuve, on est dans l’insulte. Ça fait longtemps que ça dure et aujourd’hui [mercredi], le chat est sorti du sac», a-t-il dit à sa sortie de l’audience.

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