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La cigarette électronique n’est pas sans risque

Agence QMI

Pour le Collège américain de cardiologie, c’est un véritable signal d’alarme: la cigarette électronique augmente de 34 % les risques pour un consommateur d’être victime d’une crise cardiaque, de 25 % les risques de souffrir de maladies artérielles et de 55 % les risques d’être confronté à épisode dépressif ou à de l’anxiété.

Les chercheurs ont utilisé des questionnaires complétés par 100 000 consommateurs auprès des centres de contrôle et de prévention des maladies aux États-Unis, de 2014 à 2017, pour en arriver à ces chiffres.

Les autorités sanitaires américaines s’inquiètent, car l’adhésion au sein de la population, notamment chez les jeunes, explose dans les collèges américains, où l'utilisation de la cigarette électronique a augmenté de 78 % de 2017 à 2018.

«Comment cette étude a-t-elle été menée, comment les gens ont-ils utilisé leur cigarette électronique, quel modèle avaient-ils», a dit à TVA Nouvelles Martine Robert, une infirmière spécialisée en tabagisme qui œuvre à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Dans leur étude, les Américains pointent du doigt le fait de chauffer à trop haute température les produits contenus dans les cartouches liquides.

«En principe, on ne peut pas vapoter avec un chauffage qui est trop élevé, parce que ça a un très mauvais goût», a ajouté Mme Robert.

Cette dernière croit qu'il vaut mieux vapoter que de fumer une cigarette.

«On ne leur dit pas que c’est zéro risque, mais d’après une étude de santé publique d’Angleterre, c’est 95 % moins nocif qu’une cigarette fumée», a renchéri Mme Robert.

«Dans le contexte où ça se vend au dépanneur, en 6700 saveurs sur le marché, il faut se poser des questions, a indiqué pour sa part Flory Doucas, de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. Encore faut-il avoir une meilleure analyse des effets à long terme.»

L’étude ne semble pas faire la différente entre les anciens fumeurs, qui ont consommé du tabac pendant des années, et les adeptes du vapotage qui n’ont jamais eu cette dépendance au tabac traditionnel.

«Dans la cigarette, on décèle la présence de 70 cancérigènes, versus 11 cancérigènes décelés dans la vapoteuse», a dit jeudi à TVA Nouvelles Juan Lamontagne, propriétaire du commerce Le Vapeur Express Mont-Royal.

Dans ce commerce du Plateau, un employé qui est un ancien fumeur a raconté son expérience avec la cigarette électronique.

«Je fumais environ un demi-paquet par journée. Il y a environ cinq ans, j’ai commencé à fumer avec la cigarette électronique et j’ai complètement lâché la cigarette», a-t-il indiqué.

«Je n’ai plus du tout envie de fumer une vraie cigarette, même l’odeur me dégoutte un peu maintenant», a dit un client.

-D’après un reportage d’Harold Gagné