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Des officiers sont sur la touche

Éric Thibault | Journal de Montréal

L’inspecteur André Boulanger, que l’on voit à gauche sur cette photo prise en octobre 2017 avec l’ex-patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, a récemment été avisé qu’il ne pourrait reprendre ses fonctions habituelles à la Sûreté du Québec jusqu’à nouvel ordre.

archives, Pierre-Paul Poulin

L’inspecteur André Boulanger, que l’on voit à gauche sur cette photo prise en octobre 2017 avec l’ex-patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, a récemment été avisé qu’il ne pourrait reprendre ses fonctions habituelles à la Sûreté du Québec jusqu’à nouvel ordre.

Plusieurs policiers mêlés à la chasse aux fuites de l’UPAC, qui a provoqué la mise à l’écart du patron de la Sûreté du Québec mercredi, se trouveront aussi sur la touche dans les prochaines semaines.

C’est ce que Le Journal a appris de diverses sources au lendemain de la suspension-surprise de Martin Prud’homme, éclaboussé par des allégations de nature criminelle transmises au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). Aucune accusation ne pèse cependant contre lui.

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Le BEI, qu’on surnomme « la police des polices », a été avisé de ces allégations alors que ses troupes réexaminent de fond en comble le « projet A », soit le nom de l’enquête lancée sur les fuites d’informations à l’UPAC entre 2016 et 2018.

Or, en attendant que le BEI finisse son travail, des policiers ayant participé au projet A, ainsi que dans le projet Mâchurer — l’enquête de l’UPAC sur le financement au Parti libéral du Québec — seront relevés temporairement de leurs fonctions.

D’après nos sources, pareille mesure sera d’abord prise pour ne pas nuire à l’enquête du BEI, et non pas parce que ces policiers sont visés par des allégations d’inconduite.

C’est le cas de l’ex-numéro deux de l’UPAC, l’inspecteur André Boulanger, ainsi que de la lieutenante Caroline Grenier-Lafontaine. Ils ont récemment été les premiers à être avisés que la Sûreté du Québec les reléguait à des « tâches administratives » jusqu’à nouvel ordre.

Rôle clé

Tous deux ont quitté l’UPAC il y a un peu moins d’un an pour réintégrer les rangs de la SQ.

La lieutenante Grenier-Lafontaine a joué un rôle clé dans l’arrestation d’un des suspects du projet A, le député Guy Ouellette.

Avant son arrestation, le 25 octobre 2017, elle lui avait envoyé des messages textes en utilisant un cellulaire qui venait d’être confisqué à un autre suspect, soit un ami policier du député de Chomedey.

Pas d’accusation

Voilà pourquoi Guy Ouellette s’était dit victime d’un « coup monté » de l’UPAC, le 31 octobre suivant, en s’adressant aux élus à l’Assemblée nationale.

Ce soir-là, en conférence de presse, l’inspecteur Boulanger et l’ex-patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, s’étaient défendus de l’avoir piégé.

L’inspecteur Boulanger — qui était directeur des opérations à l’UPAC — a dit qu’il avait lui-même autorisé l’arrestation du député parce qu’il le considérait en «infraction».

Guy Ouellette n’a finalement jamais été accusé. En novembre dernier, ses avocats ont convaincu les tribunaux d’invalider toute la preuve amassée contre lui dans cette affaire.

M. Boulanger est en congé de maladie depuis plusieurs mois, mais la SQ l’a prévenu qu’on le reléguerait à des tâches administratives s’il revenait au boulot avant que l’enquête du BEI soit terminée.

La directrice du BEI, l’ex-procureure de la poursuite Madeleine Giauque, ne participe aucunement à cette enquête pour éviter de se placer en conflit d’intérêts. Elle a déjà travaillé avec le député Ouellette dans des dossiers sur les Hells Angels, alors que ce dernier était l’expert de la SQ sur les bandes de motards criminels.

C’est son adjoint, Sylvain Ayotte, qui supervise «l’équipe spéciale» d’enquêteurs mandatée à cette tâche, a révélé notre Bureau d’enquête en novembre 2018.

 

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