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Les centres d'hébergement pour femmes violentées débordent

Patricia Hélie | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

Les centres d'hébergement qui viennent en aide aux femmes et aux enfants victimes de violence conjugale sont débordés. Partout au Québec, le taux d'occupation frôle ou dépasse les 100 %. La Fédération des maisons d'hébergement affirme même que 10 000 demandes d'aide sont refusées chaque année au Québec par manque de ressources.

À la maison La Séjournelle de Shawinigan, même si les budgets sont faits pour 10 personnes, on a déjà hébergé jusqu'à 23 femmes et enfants, a dit la directrice Denise Tremblay. On a ouvert les divans-lits, c'est arrivé qu'on place des matelas soufflés dans la salle de jeux.»

Devant la menace d'un conjoint violent, le personnel fait des pieds et des mains pour assurer un toit à tout le monde. «L'équipe vivrait extrêmement mal s'il arrivait quelque chose à une femme ou à ses enfants parce qu'on a refusé de faire du camping dans le sous-sol», a ajouté Mme Tremblay.

Même son de cloche à la Maison de Connivence de Trois-Rivières, où la coordonnatrice Sabrina Bernier a multiplié les appels à l'aide l'automne dernier.

«En novembre et décembre, j'ai fait le tour des maisons d'hébergement, pas juste dans la région. On était rendu à appeler à Sorel, à Portneuf, à Montréal. On essayait de trouver des ressources parce qu'il n'y avait plus de place nulle part!»

Uniquement à la Maison Le FAR de Trois-Rivières, malgré tous les efforts, en 2016-2017 on a dû se résoudre à refuser 46 femmes. La situation s'est répétée 39 fois en 2017-2018 et, cette année, alors que l'année financière n'est pas encore terminée, déjà 45 femmes ont été refusées, faute d'espace.

Alors qu'on fonctionne presque toujours au maximum de sa capacité et au-delà, les conséquences se font sentir sur le personnel qui doit lui aussi mettre les bouchées doubles.

«Le personnel a la langue à terre, a indiqué Mme Tremblay. Ce n'est pas payant parce qu'ils partent en congé maladie et c'est toute l'équipe qui s'en ressent.»

En 2017, la police de Trois-Rivières a reçu 359 plaintes en matière de violence conjugale. Un chiffre qui a grimpé à 369 en 2018.