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Le sexe avec un robot est-il acceptable?

Amélie St-Yves | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Des sexologues ont eu l’occasion de débattre sur la moralité des relations sexuelles avec des robots, samedi, à l’occasion d’un colloque mariant sexualité et technologies.

Il n’y a pas de réponse tranchée à savoir si les robots sexuels sont bons ou mauvais pour le genre humain, selon des sexologues rencontrées par l’Agence QMI en marge du premier colloque de l’organisme Les 3 sex, à Montréal, qui regroupaient une centaine de personnes. Tout dépend de l’usage qu’on en fait, selon elles.

Le doctorant et chercheur à l’Université Concordia Simon Dubé a animé la dernière conférence de la journée, et sans doute la plus controversée. Il a abordé les enjeux éthiques et sociaux liés aux robots sexuels, puis a invité les participants à en débattre sous différents angles, tel que l’infidélité, le consentement et la dépendance.

La présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, Nathalie Legault, n’a pas d’opinion définitive sur les robots sexuels, mais estime d’emblée qu’ils pourraient soutenir les personnes qui ont du mal à trouver des partenaires sexuels. Elle affirme voir ce type de détresse notamment quand elle travaille avec des personnes handicapées.

«Dans l’idée de support, de soutien, pour certaines populations, ça apparaît bien», a-t-elle dit.

Intimité

Manon Leclerc, sexologue depuis 1983, croit que l’arrivée de ces robots pourrait cependant nuire à la vie conjugale.

«Déjà, avec mes clients, il y a un problème avec ceux qui vont se cacher dans leur sous-sol à regarder de la pornographie. Ça crée des problèmes dans les couples. Si on commence à avoir des robots qui imitent les personnes... ça m’inquiète», a-t-elle dit.

Sous un autre angle, la sexologue Louise Lelièvre ne croit pas que ce serait une bonne idée de remplacer tous les travailleurs du sexe par des robots.

«Il ne faut pas oublier qu’il y a des travailleurs et travailleuses du sexe qui font ça par choix, et qu’ils sont bien dans leur situation», a-t-elle expliqué.

Salle comble

Les coprésidentes de l’organisme Les 3 sex, qui ont organisé ce premier colloque, étaient ravies du succès de l’événement. Marion Bertrand-Huot et Paméla Plourde ont fait salle comble et ont dû refuser des gens. La technologie est un enjeu incontournable de la sexologie en 2019, selon elles.

«Plus on est renseignés, plus on peut analyser de façon objective et moins se laisser emporter par des émotions et du rejet, parfois automatique, parce que c’est de l’inconnu», a expliqué Paméla Plourde.