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La production d’insectes comestibles en pleine explosion au Québec

Diane Tremblay | Le Journal de Montréal

photo Diane Tremblay

L’intérêt pour la culture d’insectes comestibles est en forte augmentation au Québec. Le nombre de producteurs a quadruplé en un an, bondissant à 39.

Selon le président de la Fédération des producteurs d’insectes comestibles du Québec (FPICQ), Jérôme Fortin-Légaré, cette hausse spectaculaire est attribuable à une meilleure connaissance du marché et du potentiel qu’il représente.

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«On parle principalement d’entreprises en démarrage. Cependant, certaines planifient des phases d’expansion importantes au cours de la prochaine année», souligne M. Légaré qui est aussi président et cofondateur de Neoxis, une entreprise spécialisée dans l’élevage de ténébrions meuniers, à Saint-Flavien, dans Lotbinière.

«Il y a un marché énorme auquel l’industrie ne peut pas répondre en ce moment parce qu’il n’y a pas assez de production», affirme Alain Cadoret, directeur général d’AG-Bio Centre, un incubateur d’entreprises de Lévis qui offre du soutien aux start-up.

«On assiste à l’émergence d’une nouvelle industrie. C’est intéressant, car il y a peu de précédents. Ceux qui en font à l’échelle canadienne sont en Ontario ou en Colombie-Britannique. Ce sont de gros joueurs et ils ne fournissent pas», ajoute M. Cadoret.

Nouveaux joueurs

De nouveaux venus comme Uni-Vers Entomoculture de Sainte-Marie de Beauce, dont le client principal transforme environ 45 tonnes de protéines d’insectes par année, font leur place dans ce marché en croissance.

«Mon client serait capable d’acheter le double, mais les producteurs ne sont pas capables de fournir», explique Cynthia Faucher, présidente de l’entreprise qui a quitté un poste d’infirmière et vendu son condominium pour financer le démarrage de sa PME.

«Le défi pour le moment est plus de produire les insectes que de trouver des clients», confie-t-elle.

Cynthia Faucher

 

Demande en croissance

Mme Faucher a choisi ce domaine pour des considérations environnementales.

«Cela n’a pas de sens. Notre planète est en train de s’épuiser et il faut trouver des solutions de rechange», dit-elle.

L’éleveuse transforme la larve de ténébrions en farine, mais pour l’instant, ses efforts visent à augmenter son cheptel.

«C’est encore plus prometteur que je pensais. Nous sommes en train de jeter les bases d’une nouvelle industrie qui demande un changement de mentalités», poursuit Cynthia Faucher.

Les cultures de grillons, de mouches soldats noires et de ténébrions sont actuellement les plus fréquentes auprès des producteurs.

Quelques chiffres

Plus écologique

Produire 1 kg de criquets demande 1,7 kg de nourriture.

Produire 1 kg de bœuf nécessite 10 kg de nourriture.

De quel genre êtes-vous?

Il existe 1900 espèces d’insectes comestibles dans le monde. Voici les plus consommées:

31% coléoptères (scarabées, charançons, ténébrions)

18% lépidoptères (chenilles et papillons)

14% hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis)

13% orthoptères (sauterelles, les criquets, les grillons)

10% hémiptères (cigales, cochenilles et punaises)

(Source, MAPAQ, 2017)

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