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Les syndiqués d'ABI rejettent la dernière offre patronale

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

Les syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont refusé à 82 % l’offre globale et finale de l’employeur lundi, ce qui prolonge le lock-out qui dure déjà depuis 14 mois.

L’usure du temps n’a pas fait fléchir le syndicat des Métallos, qui a recommandé aux 829 syndiqués présents de refuser l’offre d’ABI, déposée le 4 mars dernier.

«Après 14 mois de conflit, que l’employeur arrive avec une offre aussi ridicule à ses employés, ça manque de respect», a dit le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse, au terme de l’assemblée générale qui a affiché un taux de présence de 90 %, dans un hôtel de Trois-Rivières.

Les syndiqués ne veulent pas d’une entente qui ne soit pas négociée. Par ailleurs, les coupes de poste, les horaires de travail, la sous-traitance, les régimes de retraite et le protocole de retour au travail font partie des points qui achoppent.

Le protocole de retour au travail proposé par l’employeur s’étalait sur dix mois, ce qui est trop long, selon le syndicat.

Comme les indemnisations syndicales auraient pris fin dès la signature de l’entente, les derniers travailleurs à retourner au boulot auraient passé 10 mois sans recevoir d’argent, ni de l’aluminerie ni de leur syndicat.

«Ce sont les jeunes qu’on n’a pas laissé tomber aujourd’hui», a dit le travailleur Mario Therrien. Les derniers engagés auraient été les derniers à reprendre le travail.

Déception

Le maire de Bécancour Jean-Guy Dubois est déçu de voir le conflit traîner en longueur.

«Je suis un peu sans mot. Je ne m’attendais vraiment pas à ça», a-t-il avoué, face à un rejet aussi massif.

Le maire souhaite voir les parties s’asseoir à une table de négociations le plus tôt possible. Rappelons que l’aluminerie rapporte 4,5 millions de dollars en taxes à la municipalité de 13 000 habitants.

Le ministre du Travail Jean Boulet travaille toujours sur une hypothèse de règlement de son côté, mais compte attendre un peu avant de présenter son idée aux parties.

«C’est en suspens. Je vais voir la réaction des parties et analyser la situation», a-t-il affirmé.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel , était aussi déçu de ce retour à la case départ.

Il respecte l’exercice démocratique, mais après un rejet aussi clair, il espère voir le syndicat proposer des solutions.

«La balle est un peu dans leur camp», a-t-il dit.

La direction de l’aluminerie, qui est détenue à 75 % par Alcoa et à 25 % par Rio Tinto Alcan, s’est limitée à cette déclaration transmise par courriel aux médias : «La direction d’ABI est déçue que le syndicat ait rejeté une offre juste et compétitive. La ratification de l’offre aurait mis fin au conflit de travail avec un plan de reprise des opérations.»

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