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Libérées après 10 ans de prison pour des fausses couches

Agence France-Presse

Trois Salvadoriennes, condamnées à 30 ans de prison, ont été libérées jeudi après avoir passé une dizaine d'années en prison pour des fausses couches, considérées par la justice comme des homicides, a annoncé une organisation de défense des droits des femmes.

La Cour suprême a estimé que les peines infligées aux trois femmes étaient «disproportionnées et immorales» et a commué leur peine, a indiqué le Collectif citoyen pour la dépénalisation de l'avortement (ACDATEE), qui leur avait fourni un appui juridique.

Les trois femmes, condamnées pour «homicide aggravé», sont sorties de la prison de femmes de Ilopango, à une dizaine de kilomètres de San Salvador, après avoir reçu la décision des mains du vice-ministre de la Justice, Raul Lopez.

«Je suis heureuse, heureuse de retrouver ma liberté après avoir tant attendu», s'est réjouie Cinthia Rodriguez, une employée de maison, qui avait perdu son bébé en 2008. Condamnée à 30 ans de prison, elle a passé 11 ans derrière les barreaux.

Les deux autres femmes, Alba Lorena Rodriguez et Maria Orellana, également condamnées à 30 ans de réclusion, ont passé neuf ans en prison.

La première, âgée de 30 ans, était tombée enceinte à la suite d'un viol. Ayant perdu son bébé à cinq mois de grossesse en 2009, elle avait été arrêtée après s'être rendue à l'hôpital.

La seconde avait perdu son bébé en 2010 alors qu'elle travaillait comme domestique. Elle avait été arrêtée à l'hôpital de San Salvador.

Selon la présidente de ACDATEE, Morena Herrera, une vingtaine de femmes purgent encore de lourdes peines pour «homicide aggravé» après la perte de leur bébé.

«Nous allons continuer la lutte jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune femme en prison en raison d'une loi injuste qui viole leurs droits», a-t-elle déclaré.

La législation anti-avortement au Salvador est parmi les plus strictes au monde: le code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d'avortement, mais dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un «homicide aggravé», puni de 30 à 50 ans de réclusion.

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