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Agressions sexuelles: la fille adoptive d'un septuagénaire témoigne

Yves Charlebois

 - Agence QMI

Paul-Émile Therrien

YVES CHARLEBOIS/AGENCE QMI

Paul-Émile Therrien

La fille adoptive de Paul-Émile Therrien, cet homme de 78 ans de Warwick notamment accusé d'inceste et de menaces de mort, a témoigné des agressions sexuelles dont elle dit avoir été victime, mercredi, au deuxième jour du procès de son père adoptif.

La femme de 38 ans, d'origine haïtienne, a raconté que, dès l'âge de 9 ou 10 ans, Paul-Émile Therrien l'agressait sexuellement jusqu'à trois fois par mois.

«À dix ans, je savais ce que c'était une fellation», a laissé tomber Natacha Michaud-Therrien au palais de justice de Victoriaville.

Lors de chaque agression, son père adoptif avait consommé de l'alcool. Les évènements se passaient dans la maison familiale, a-t-elle raconté.

«Il m'a acheté un vibrateur en cadeau puis, un soir, il a mis un film porno sur son écran géant. Il m'a demandé de l'utiliser, puis il a eu des ébats en me regardant avec sa conjointe en me disant "tu vas voir, c'est comme ça que ça se passe dans la vie"», a dit la présumée victime.

Natacha Michaud-Therrien a été adoptée à l'âge de 3 ans. Un test d’ADN a été déposé pour prouver que Therrien n'est pas son père biologique. Elle a fréquenté l'école primaire et un collège privé de Trois-Rivières, où elle était pensionnaire. «C'étaient mes meilleures années, où mon père ne m'approchait pas en boisson», a-t-elle commenté.

Une brique et un fanal

Le témoignage de Mme Michaud-Therrien a duré 90 minutes, mais le contre-interrogatoire de la défense a complété la journée. Me Ronald Robichaud a sorti ses notes scolaires alors qu'elle avait 10 ans, ainsi qu'un rapport d'évaluation de l'école dans lequel les intervenants scolaires rapportaient des problèmes de comportement avec des mensonges et des petits larcins.

À l'époque, Mme Michaud-Therrien avait été suivie par le CLSC pour ses problèmes de comportement. Une fois sur le marché du travail, elle a admis avoir commis deux vols chez des employeurs, ainsi qu'une falsification du dépôt de son chèque de paie.

Me Robichaud a aussi déposé une lettre datant de l'époque où la femme était pensionnaire, dans laquelle elle s'adressait à ses parents pour dire qu’elle avait de bons parents.

L'avocat a aussi déposé une copie d'une mise en demeure qu’elle a fait parvenir en 2015 à son père adoptif lui réclamant de l'argent, alors même qu'elle portait plainte contre lui à la police.

Le procès se poursuivra jeudi avec le témoignage d'Anick Therrien, la fille de l'accusé.

Paul-Émile Therrien fait face à 12 chefs d'accusation pour agression sexuelle, menace de mort, grossière indécence, attouchements et inceste. Sa conjointe, Aline Michaud, 59 ans, est également accusée dans cette affaire. Son procès se tiendra plus tard cette année.