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Des Montréalais accusés de fraude seront extradés

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Six Montréalais accusés d’avoir soutiré 1,35 million $ à des Américains en leur faisant croire qu’ils avaient gagné à la loterie seront extradés aux États-Unis, où ils risquent des décennies de prison.

«Les menottes sont trop serrées», s’est plaint Sebastiano Joseph Torino lorsqu’il a été placé en détention, hier, au palais de justice de Montréal.

À 57 ans, Torino est l’un des plus jeunes parmi les six accusés dans cette affaire de «fraude à la loterie». Itcace Abramovici, Micheal Dissos, Konstantinos Filippas, Michael Pare et Reouven Dreiblatt ont entre 54 et 73 ans.

Selon les autorités de Pennsylvanie, le groupe fait partie d’un réseau de fraudeurs qui ont détroussé des citoyens américains entre 2011 et 2013.

Le stratagème allégué était simple, mais efficace : ils appelaient des Américains en leur faisant croire qu’ils avaient gagné à la loterie, mais qu’avant de recevoir de l’argent les « vainqueurs » devaient d’abord délier les cordons de leur propre bourse.

«Les personnes informaient ensuite les victimes qu’elles devaient d’abord leur envoyer de l’argent pour couvrir les taxes et impôts, les frais de transfert, et pour les assurances», peut-on lire dans le document de cour.

Très convaincants

Les fraudeurs étaient particulièrement convaincants puisqu’ils ont réussi à soutirer plus d’un demi-million de dollars à une Californienne.

Une résidente de Pennsylvanie, certaine d’avoir gagné 800 000 $, a fait pas moins de 58 transferts au groupe, pour un total de 300 000 $.

«Les victimes n’ont jamais reçu les prix qui leur avaient été promis», précisent les autorités américaines.

Au cours du processus d’extradition, cinq des six Montréalais reconnaissaient que la preuve justifiait l’ordre d’extradition. Dreiblatt, de son côté, espérait s’en sortir, en raison de son rôle mineur dans l’affaire.

Tout le monde y passe

La juge Myriam Lachance l’a toutefois débouté en rappelant qu’il avait été vu à trois reprises recevant de l’argent obtenu frauduleusement pour ses complices allégués.

«La participation limitée dans un crime n’est pas pertinente, a-t-elle noté dans son jugement rendu hier. Chaque complice a un rôle unique lorsqu’il participe à un crime, mais même s’il est moindre, il demeure important.»

Mais si les six Montréalais doivent techniquement être envoyés aux États-Unis où ils risquent une longue peine d’incarcération, ils ont encore espoir de s’en sortir.

C’est que le ministre fédéral de la Justice pourrait décider d’annuler l’ordre de transfert. Si ce dernier accepte, le groupe de présumés fraudeurs serait alors libre comme l’air.