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Le Boeing 737 MAX 8 impliqué dans deux incidents au Canada

TVA Nouvelles

Deux incidents impliquant des Boeing 737 MAX 8 au pays ont été enregistrés auprès de Transports Canada au cours de la dernière année, a appris TVA Nouvelles.

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Dans un cas, l'appareil a dû se poser d’urgence en raison de «problèmes techniques». Ces incidents ont fait l’objet d’un rapport auprès de l’organisme gouvernemental.

Le dernier incident s’est produit sur le vol WJA1245 de West Jet, le 1er décembre 2018.

L’appareil qui volait de Tampa et qui se dirigeait vers Toronto, a dû se poser rapidement en raison d’un problème de compensateur déséquilibré. Une enquête du BST a été déclenchée en raison du sérieux de l’incident.

L’autre incident concerne un appareil d’Air Canada, le 20 juin 2018.

Le vol ACA783 qui faisait la liaison entre Montréal et Los Angeles, a rebroussé chemin, et est revenu atterrir à Montréal «à cause d’un problème technique».

Il n’y a pas eu d’urgence en vol et pas d’atterrissage d’urgence.

Au pays, 24 Boeing 737 MAX 8 sont opérés par Air Canada, 13 chez West Jet, et 4 chez Sunwing.

Sunwing a suspendu ses vols avec cet appareil.

Aux États-Unis

Des pilotes américains qui ont piloté le fameux Boeing 737 MAX ont enregistré des plaintes liées à la performance de l’appareil en vol, selon une base de données fédérale américaine, à laquelle CNN a eu accès.

Dans l’une des plaintes, un commandant de bord a rapporté qu’une anomalie du pilote automatique a mené à une baisse inopinée du nez de l’appareil. L’avion s’est retrouvé un bref instant incliné vers l’avant, selon les informations de cette base de données.

Dans une autre plainte, le premier officier a rapporté que l’avion a également eu le nez abaissé après l’engagement du pilote automatique, juste après le décollage.

Le pilote automatique a été déconnecté et le vol a pu continuer vers sa destination.

Les données consultées ne permettent pas d’identifier les pilotes, ou leurs compagnies aériennes, mais seulement deux compagnies aériennes possèdent le 737 MAX 8 aux États-Unis soit Americain Airlines, et Southwest.

Selon certains pilotes, le manque de formation sur cet appareil est problématique, soit «inadéquat et presque criminellement insuffisant.»

Jean Serra, ex-pilote d’Air France, admet également en entrevue à LCN, que la formation était manquante lorsque cet appareil a été livré.

Système de stabilisation

Certains de ces incidents semblent impliquer le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l'avion, le «MCAS» (Manoeuvering Characteristics Augmentation System), mis en cause dans l'accident meurtrier d'un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air fin octobre.

Dans un des rapports, daté de novembre 2018, c'est-à-dire après la tragédie de Lion Air qui a fait 189 morts, le copilote d'un Boeing 737 MAX 8 décrit un incident peu après le décollage.

Quand l'avion a atteint la vitesse appropriée, «le commandant de bord a activé le +A+, le pilotage automatique. En deux ou trois secondes, l'avion s'est mis à piquer du nez», écrit-il.

«J'ai crié ''descente'' juste avant que le GPWS (Ground proximity warning system, système d'avertisseur de proximité du sol) ne retentisse» dans le cockpit, a-t-il ajouté. «Le commandant de bord a immédiatement déconnecté le pilotage automatique et redressé l'avion».

«Le reste du vol s'est déroulé sans incident», explique le copilote, ajoutant avoir repassé «dans sa tête» le début du vol. «Mais je n'ai pas pu trouver de raison expliquant que l'avion ait piqué du nez de manière si abrupte», a-t-il dit.

Le copilote souligne qu'avant le vol, il était «bien reposé» et qu'il «avait discuté des consignes récentes reçues sur le MCAS du MAX 8».

Ethiopian Airlines

Les scénarios de l'accident survenu dimanche sur un autre 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines sont pour l'heure inconnus; les boîtes noires, qui contiennent les précieuses données du vol et les conversations des pilotes n'ont pas encore été décryptées même si elles ont été retrouvées lundi.

L'accident de Lion Air avait braqué les projecteurs sur les sondes d'angle d'attaque (AOA) reliées au système de stabilisation de l'avion (MCAS). Un dysfonctionnement de ces outils peut mettre l'appareil en «piqué» en raison d'une appréciation erronée que l'avion est en décrochage.

Comme dans le cas de Lion Air, la catastrophe du Boeing d'Ethiopian Airlines a eu lieu peu de temps après le décollage et les appareils ont connu des montées et des descentes irrégulières juste après avoir décollé.

La quasi-totalité des autorités aériennes dans le monde à l'exception du régulateur américain et du Canada ont interdit provisoirement de vol les Boeing 737 MAX.

- Avec l'Agence France-Presse

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