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Le recours à la sous-traitance expliquerait le rejet de l'offre d'ABI

Jonathan Roberge | TVA Nouvelles 

Selon toute vraisemblance, le recours à des sous-traitants par l'Aluminerie de Bécancour (ABI) pendant une période de transition de 10 mois expliquerait pourquoi les employés syndiqués de l'usine ont rejeté massivement une offre de l'entreprise lundi.

Selon le protocole de retour au travail proposé par Alcoa dont TVA Nouvelles a obtenu copie, la compagnie prévoyait une période de 10 mois pour redémarrer l'usine. Pendant cette période, la direction souhaitait pouvoir recourir à des cadres ou à des travailleurs non syndiqués, ainsi qu’à des sous-traitants, pour faire du travail de redémarrage, de stabilisation et même d’opérations courantes.

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Ce retour au travail aurait pris fin abruptement s’il y avait eu un ralentissement du travail, du vandalisme, un arrêt de travail concerté, une baisse de la qualité des produits, des problèmes techniques ou de mauvaises conditions de marché.

Selon le professeur Jean-Claude Bernatchez, un spécialiste des relations de travail, les travailleurs ont dû se résigner à voter contre l'offre pour protéger leur emploi et leurs revenus pour les 10 prochains mois.

«Je crois que la sous-traitance doit être réservée à des activités très spécialisées et occasionnelles. La production ne doit pas être sous-traitée, sinon, ça crée de la précarité, de l’insatisfaction et ce n’est pas porteur à long terme», a analysé M. Bernatchez.

Poursuite

Dans le protocole de retour au travail, il est spécifié que la direction s’engage à ne pas intenter de poursuite pour des bris survenus durant le conflit, mais elle ne renonce pas à la poursuite de 19 millions de dollars concernant des bris déclarés avant le début du lock-out.

Cette poursuite avait été déposée contre le syndicat des Métallos. La direction d’ABI accuse les employés d’avoir retardé la production et d’avoir utilisé de mauvaises méthodes de travail qui visaient à retarder la production.

Cela aurait causé des bris de matériel qui demeurent inexpliqués.

Une paix syndicale

ABI demandait aussi à ses employés de porter les vêtements de protections habituels, sans marque à l’effigie du syndicat ou qui réfère au conflit de travail ou aux activités syndicales.

Dès la ratification d’une éventuelle entente, les syndiqués devraient également mettre fin aux moyens de pression et retirer du site de l'usine tout équipement, comme les roulottes et les abris, utilisé lors du conflit.

Le syndicat entend déposer sous peu une contre-offre.

«Deux possibilités. Ou ça conduira tout le monde vers une stratégie de négociation raisonnée avec un échange proactif, ou la distance restera intacte et on s’en va vers une fermeture temporaire de la totalité des cuves. Cela dit, je ne pense pas que la fermeture permanente peut être envisagée. Cette usine-là a beaucoup trop de valeur pour Alcoa pour être fermée de la sorte», estime M. Bernatchez.

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