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Plus du quart des jeunes ne dînent pas tous les midis

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

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Plus du quart des élèves d’une école secondaire du Bas-Saint-Laurent ont admis qu’ils ne dînaient pas tous les jours, surtout parce que les médicaments qu’ils prennent pour faire face à leur TDAH leur coupent l’appétit.

L’école secondaire du Transcontinental à Pohénégamook a demandé à ses élèves s’ils dînaient tous les midis, à l’aide d’un sondage anonyme. 26 % ont affirmé que non.

Là-dessus, près de la moitié a dit ne pas avoir faim à cause des médicaments qu’ils prennent, principalement pour contrôler un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH).

En 25 ans de pratique, la nutritionniste Marie Dutil a vu fréquemment des jeunes qui ne mangent pas lorsqu’ils prennent leurs médicaments. Elle prône la prise de plusieurs collations hautement protéinées durant la journée plutôt que de miser sur un gros dîner, qui décourage le jeune qui n’a pas faim.

«Il faut vraiment que ce soit protéiné, les noix, le fromage, le yogourt grec. Quand c’est une collation, pas besoin d’avoir une grande faim pour la prendre», dit Marie Dutil, nutritionniste à l’hôpital de Témiscouata-sur-le-Lac.

La direction de l’école a décidé de publier les données du sondage sur sa page Facebook dans le but d’inciter les parents à avoir une discussion avec leurs jeunes.

D’ailleurs, la nutritionniste invite les parents à amener leurs enfants à l’épicerie pour choisir des aliments qui leur plaisent. Il faut aussi faire preuve de latitude. «Le soir, souvent, le médicament fait encore effet et au souper ces jeunes-là n’ont pas faim. Il faut une grande flexibilité des parents d’accepter de prendre l’assiette, la mettre au frigo et ne pas se chicaner avec l’enfant. Pourquoi le jeune ne pourrait pas souper plus tard dans la soirée? Il n’y aurait pas de problème», estime Mme Dutil.

Répéter

Si les enseignants ou surveillants de l’école secondaire du Transcontinental ne peuvent pas s’assurer constamment que les 190 jeunes mangent leurs dîners ou des collations, l’école veut leur faire prendre conscience de l’importance de s’alimenter correctement. «Il y a des ateliers dans les classes, dont certains qui traitent de l’alimentation. C’est de répéter, de faire prendre conscience aux jeunes de l’importance d’avoir un petit quelque chose dans le corps pour passer une meilleure journée», a dit le directeur de l’école Jonathan Gagnon.

L’équipe de l’école secondaire savait que ce n’était pas tous les élèves qui dînaient le midi. Elle a toutefois été surprise que dans les autres raisons évoquées, celle de la peur de prendre du poids ait été amenée par plusieurs garçons. «Ça, c’est une donnée qu’on avait plus ou moins», a admis M. Gagnon.

Trois élèves ont dit qu’ils ne dînaient pas tous les midis parce qu’ils n’avaient pas d’argent pour la cafétéria ou parce qu’ils ne trouvaient pas d’aliments dans le réfrigérateur pour se faire un lunch.