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«Coachs en nutrition»: la santé publique aux aguets

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

La multiplication des sources d'information en matière de nutrition préoccupe les autorités de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Chaque fois qu'il y a une nouvelle tendance alimentaire, c'est certain qu'on en entend parler, indique la nutritionniste à la direction régionale de la santé publique, Caroline Benoit. Les gens nous consultent et s'inquiètent aussi parfois. Cette tension crée même de l'anxiété chez certaines personnes.»

Elle ne le cache pas: être nutritionniste en 2019, c'est tout un défi.

«De simplement suivre les règles de l'alimentation de base, c'est très difficile pour la population», précise-t-elle.

Les autorités de la santé doivent redoubler d'efforts pour convaincre la population que le nouveau guide alimentaire canadien est la référence à privilégier en matière de nutrition, mais la prolifération des sources d'informations rend la tâche difficile.

«Avec les médias sociaux par exemple, il y a beaucoup d'opinions personnelles qui circulent et tout le monde a son mot à dire sur l'alimentation, mais il faut sans cesse se demander si c'est fiable», explique Mme Benoit.

La nutritionniste suggère de demeurer critique, même un peu sceptique envers les nombreuses tendances alimentaires et surtout, de s'interroger avant d'adopter de nouvelles habitudes.

«C’est important de se demander d'où vient l'information et qui est derrière le message. Si la personne veut nous vendre des produits, il faut être prudent. Même chose lorsqu'on nous promet une guérison rapide ou un traitement à un problème», conseille-t-elle.

Seulement 18 % des adultes consomment la quantité de fruits et légumes recommandés, selon la plus récente enquête régionale de santé.

«On sait qu'il y a un manque de connaissances, de compétences, mais il y a aussi toute la question de l'accès aux fruits et aux légumes, poursuit même Benoit. L'accès physique et économique aussi. Les gens n'ont pas nécessairement les moyens financiers de s'en acheter et c'est là notre plus grande préoccupation.»

L'argent, c'est aussi ce qui complique l'accès à des données fiables sur l'alimentation pourtant nécessaire à l'élaboration d'un outil comme le guide alimentaire canadien.

«Peu de gens acceptent de financer des études pour quelque chose qui ne sera pas vraiment lucratif à l'autre bout, donc d'avoir des études fiables ce n'est pas évident. De plus, ça coûte très cher de nourrir des participants et de suivre leur évolution dans le temps. Ça aussi c'est un enjeu pour nous», conclut Caroline Benoit.

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