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Des déchets de l’échangeur Turcot sur le canal de Lachine

Béatrice Roy-Brunet | Agence QMI 

BÉATRICE ROY-BRUNET/24 HEURES/AGENCE QMI

La présence de déchets de l’ancienne structure de l’échangeur sur le canal de Lachine, à Montréal, inquiètent des résidents du secteur et un environnementaliste.

Le consortium KPH Turcot, responsable des travaux de l’échangeur Turcot, a construit un pont de neige sur le canal Lachine sous l’autoroute 15, près du pont du boulevard Monk, afin d’y déposer les détritus du démantèlement de l’échangeur Turcot.

Des blocs de béton, du plastique et des morceaux de l’ancienne structure jonchent la neige qui a été soufflée pour construire l’obstacle.

Malgré l’inquiétude manifestée au «24 Heures» par certains passants, le ministère des Transports du Québec (MTQ) a avancé que les mesures avaient été prises afin d’éviter la contamination du canal de Lachine.

Le pont de fortune atteint une hauteur de 25 pieds et a été construit jusqu’au bord du canal à la suite d’une entente avec Parcs Canada. Le niveau de l’eau de cette section est d’ailleurs à son plus bas en raison des travaux de réfection des murs de soutènement du canal effectués par Parcs Canada.

«Sous la neige, il y a des tuyaux qui ont été installés pour permettre le passage de l’eau. Après, ils ont recouvert la neige d’une membrane géotextile et de plaques de métal pour éviter la possibilité de contaminer le canal», a indiqué Martin Girard, un porte-parole du MTQ.

«Avec l’épaisseur de la neige, il ne devrait pas y avoir de problème, même s’il y a un réchauffement dans les prochaines semaines», a-t-il ajouté.

Selon Julie Bellemare, porte-parole de l’arrondissement du Sud-Ouest, tous les débris seront ramassés d’ici le 18 mars. «Il n’y a rien qui va aller dans l’eau», a-t-elle assuré.

Un «vaste chantier de construction»

Daniel Green, chef adjoint du Parti vert du Canada et environnementaliste, s’est toutefois dit inquiet que le fond du canal de Lachine ait été contaminé par les nombreux travaux.

«Lors des travaux, autant ceux faits par KPH Turcot que par Parcs Canada, il y a eu beaucoup de débris qui sont tombés dans le canal de Lachine, a-t-il expliqué. On ne voudrait pas que le canal de Lachine devienne un pollueur du [fleuve] Saint-Laurent.»

Selon ce dernier, il serait important que Parcs Canada demande à Environnement Canada de «procéder à un échantillonnage pendant que le canal de Lachine est asséché afin de déterminer si le fond a été contaminé».

«On pourrait identifier les zones, les décontaminer au mois d’avril et mai avant la mise en eau du canal de Lachine et, comme ça, on peut éviter l’apport toxique au fleuve du Saint-Laurent», a-t-il détaillé.