/regional/montreal/montreal

Finie la cuisine de rue au quotidien à Montréal

Béatrice Roy-Brunet | Agence QMI

Nadia Lemieux / Agence QMI

Après les dernières saisons difficiles, Montréal cessera d'autoriser la cuisine de rue sur une base quotidienne.

Les travailleurs du centre-ville ne pourront donc plus casser la croûte à un camion de cuisine de rue sur l’heure du dîner. La Ville de Montréal a annoncé qu’elle ne reconduirait pas le règlement qui désignait des emplacements précis aux restaurateurs.

«Les camions moins nombreux ont investi moins d’emplacements offerts par la Ville pendant l’été 2018», a expliqué Robert Beaudry, responsable du développement économique et commercial pour l'administration Plante, lors d’un point de presse jeudi.

Les arrondissements participant au programme de la Ville étaient en déclin, depuis sa création il y a six ans. Seulement trois d’entre eux participaient toujours en 2018.

En 2016, les sorties sur la Place du Canada s’élevaient à 368. Ce nombre a chuté à 128 sorties sur le site habituellement achalandé pour l’année 2018.

Selon Gaëlle Cerf, vice-présidente de l’Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ), certains sites proposés étaient aussi nettement moins achalandés que d’autres.

Changement d’approche

Dorénavant, les camions de cuisine de rue ne seront présents que lors d’événements. La gestion de ce calendrier relèvera des arrondissements. Selon M. Beaudry, il sera ainsi possible de concentrer la quantité de camions présents.

Pour Ville-Marie, l’ARRQ aura la responsabilité de gérer les camions sur le territoire lors de la tenue d'événements. Les mêmes filtres qu’auparavant s’appliqueront afin d’assurer une diversité des plats proposés.

Lorsque l'ancien maire Denis Coderre avait annoncé ce projet en grande pompe, il expliquait que la restauration de rue montréalaise allait se distinguer par la qualité des produits proposés contrairement à d'autres villes américaines. Certains clients rencontrés par le «24 Heures» au fil des ans ont décrié les prix dispendieux des plats dans les camions de rue.

Constat optimiste

Malgré ce changement de modèle, Gaëlle Cerf a soutenu que la cuisine de rue «se porte bien». «Les camions sont hyper sollicités, la ville était comme une espèce de bouche-trou. Ça représentait peut-être 25 % des sorties des camions, ce n’est pas beaucoup.»

Les événements permettront aux camions de cuisine de rue de «rentabiliser leur sortie».

Cette stratégie est aussi vue d’un bon œil par Caroline Lacroix, professeure au département de marketing de l'UQAM.

«Le food truck va se trouver à un endroit où les gens sont et sortent. Ça répond à un besoin. Tout le monde est gagnant là-dedans», a-t-elle dit.

Dans la même catégorie