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Le secrétaire au Commerce nie avoir menti devant le Congrès américain

Agence France-Presse

Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a nié jeudi avoir menti devant le Congrès sur les circonstances entourant sa décision d'ajouter la question de la nationalité dans le prochain recensement de 2020.

Le recensement de la population, qui a lieu tous les dix ans, constitue un véritable outil de démocratie aux États-Unis. Ses résultats conditionnent non seulement l'allocation des 675 milliards de subventions fédérales aux Etats, mais encore le nombre de sièges à la Chambre des représentants.

Fin mars 2018, Wilbur Ross avait annoncé sa décision de réintroduire une question sur la nationalité, abandonnée il y a plus de soixante ans, dans les formulaires pour le recensement de 2020.

Lors d'auditions publiques, il avait alors affirmé que cette décision avait été prise en réponse à une requête, en décembre 2017, du ministère de la Justice afin de permettre de recueillir des données plus précises pour faire respecter le «Voting Rights Act» qui interdit la discrimination raciale en matière de vote.

Mais un juge fédéral a qualifié de «honteuse» cette explication, affirmant que Wilbur Ross avait fait pression pour que la Justice en fasse la demande.

«Vous êtes complice dans la tentative de l'administration Trump de supprimer le pouvoir politique grandissant de la population non blanche», a accusé le démocrate Lacy Clay lors d'une audition du secrétaire au Commerce jeudi.

«Vous devriez démissionner», a-t-il ajouté.

La décision de faire figurer la question de la nationalité dans le prochain recensement avait suscité un tollé chez les démocrates.

Selon eux, la question risque d'intimider les étrangers en situation irrégulière et donc d'entraîner une sous-estimation des populations des États abritant de nombreux immigrés, qui s'avèrent être souvent démocrates.

Une vingtaine d'États, comme la Californie ou New York, ainsi que des grandes villes, comme Chicago ou San Francisco, et des défenseurs des droits des étrangers ont saisi la justice.

En janvier, un juge fédéral de New York avait retoqué la décision d'ajouter la question de la citoyenneté dans le prochain recensement.

Mais ce jugement pourrait être porté devant la Cour suprême.