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Les Québécois veulent sauver SNC-Lavalin

Guillaume St-Pierre | Le Journal de Montréal

Une forte majorité de Québécois souhaite éviter un procès criminel à SNC-Lavalin afin de protéger les emplois, une opinion diamétralement opposée à celle exprimée par les autres Canadiens.

TOUS LES DÉTAILS DE NOTRE SONDAGE

L’affaire SNC-Lavalin fait mal à Trudeau

« Les Québécois sont en forte majorité favorables à une entente à l’amiable avec SNC-Lavalin pour sauver l’entreprise », résume le président de la firme Léger, Jean-Marc Léger.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau se retrouve sur le gril depuis qu’ont éclaté le mois dernier les allégations d’ingérence politique visant son bureau dans cette affaire.

L’entourage de M. Trudeau aurait insisté auprès de la ministre démissionnaire Jody Wilson-Raybould afin qu’elle accorde une telle entente à la multinationale.

Selon un coup de sonde, pas moins de 59 % des Québécois croient que le fédéral doit imposer une amende importante à SNC-Lavalin afin de lui éviter un procès criminel pour fraude et corruption. Fait intéressant, les Anglo-Québécois se rangent eux aussi en majorité (51 %) derrière la firme.

Si les Québécois se rangent en majorité derrière M. Trudeau sur le fond, ils critiquent fermement sa gestion de la crise.

À l’inverse, dans le reste du Canada, la presse et l’opinion publique se déchaînent contre la multinationale québécoise. Un sondage publié début mars par le Globe and Mail indiquait que 55 % des Canadiens souhaitaient que SNC-Lavalin subisse son procès.

Si elle est trouvée coupable, l’entreprise pourrait être écartée des contrats publics fédéraux pendant 10 ans, ce qui menace son existence même, selon ses dirigeants.

Québec bashing?

Selon une majorité de répondants, la forte réaction négative du Canada anglais à la controverse entourant cette affaire cache une forme de Québec bashing, estime M. Léger.

« Les Québécois disent que SNC-Lavalin est attaquée surtout parce qu’elle est québécoise, dit M. Léger. Au Canada anglais, on ne comprend pas que les Québécois veuillent sauver SNC-Lavalin. »