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Virée meurtrière: un jeune homme avoue avoir tué deux personnes

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal 

Un jeune homme aux prises avec des problèmes de santé mentale, qui était à l’origine d’une virée meurtrière survenue en 2016, a reconnu ce matin avoir tué deux personnes et braqué une arme sur une troisième.

«Ouais», a répondu Frédérick Gingras lorsque la juge de la Cour supérieure France Charbonneau lui a demandé s’il plaidait bien coupable à deux chefs réduits d’homicide involontaire et un autre de voies de fait armées.

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L’homme de 23 ans était initialement accusé de deux meurtres prémédités et d’une tentative de meurtre, mais les chefs ont été modifiés en vertu d’une entente entre la Couronne et la défense. Les parties ont conclu que l’accusé n’avait pas l’intention requise pour commettre deux meurtres, compte tenu de son état mental.

La cavale meurtrière de Gingras s’est produite dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016, à Montréal.

Drogue et psychiatrie

Le jeune homme, aux prises avec des problèmes psychiatriques et une importante consommation de drogue, a d’abord tué James Jardin de deux projectiles d’arme à feu.

La victime de 20 ans hébergeait depuis un certain temps le jeune homme, qui était sans domicile fixe.

L’homicide a été commis dans le logement de James Jardin, à Pointe-aux-Trembles, où plusieurs autres personnes se trouvaient.

Gingras a ensuite braqué l’arme au visage d’un autre jeune homme et il a appuyé sur la détente à deux reprises. Par chance, l’arme n’était plus chargée et Samuel Labine a pu s’enfuir.

Le tueur a quitté les lieux à pied, en possession de l’arme et d’une vingtaine de cartouches supplémentaires.

Victime innocente

Il s’est rendu à une station-service Esso de l’est de Montréal, où une mère de famille de 49 ans attendait à proximité de son véhicule que sa fille termine son quart de travail.

Gingras a abattu Chantal Cyr d’une balle au thorax, avant de prendre la fuite avec la voiture de celle-ci.

Il a perdu le contrôle un peu plus loin, et a abandonné le véhicule pour poursuivre son chemin à pied.

Le jeune homme s’est ensuite rendu dans deux maisons distinctes, où il a fait feu à travers les portes, pour tenter d’obtenir les clés d’un autre véhicule pour continuer sa fuite.

Fuite à 170 km/h

Il a réussi à s’emparer d’un VUS et a atteint une vitesse allant jusqu’à 170 km/h en se dirigeant vers la Rive-Sud, où il a finalement été arrêté après une seconde embardée.

Deux chefs de tentative de meurtre ont aussi été portés contre Gingras relativement aux coups de feu dans les deux résidences.

Il devrait toutefois être déclaré non criminellement responsable de ces deux crimes, en raison de problèmes de santé mentale. Il s’est complètement désorganisé après avoir tué deux personnes, ce qui explique la suite, ont expliqué les avocats au tribunal ce matin.

La cause reviendra devant la cour dans trois semaines pour finaliser cette portion du dossier.

Me Catherine Perreault, de la Couronne, et Me Kaven Morasse, de la défense, devraient alors suggérer conjointement une peine de 19 ans de détention.

Les victimes et leurs proches pourront également faire des représentations à la juge France Charbonneau à cette date.

En ce moment, Gingras est détenu à l’Institut psychiatrique Philippe-Pinel, où il est traité pour une schizophrénie récalcitrante.