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«Genèse», un vrai petit bijou

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

«Genèse», long métrage de Philippe Lesage mettant en vedette Théodore Pellerin, Noée Abitat et Émilie Bierre – pour ne citer qu’eux – est un petit bijou.

Guillaume (Théodore Pellerin) a 16 ans. Élève dans un pensionnat pour garçons, il est le turbulent de la classe, toujours prompt à monter sur un pupitre pour danser lorsque le professeur (Paul Ahmarani) n’est pas là. Charlotte (Noée Abita) est sa demi-sœur plus âgée. Pendant les deux tiers du film, la caméra de Philippe Lesage passe de l’un à l’autre, explorant leurs amours.

Charlotte est confrontée à la demande de son petit ami Maxime (Pier-Luc Funk) d’avoir une relation ouverte. Guillaume, de son côté, découvre son attirance et son amour pour Nicolas (Jules Roy Sicotte), son meilleur ami. Les chassés-croisés, rythmés par la musique suavement nostalgique de la pièce «Outside» du groupe indépendant montréalais TOPS, illustrent leurs tâtonnements. Amateur de plans séquence, Philippe Lesage filme les regards appuyés, les gestes qui durent un battement de cœur de trop, toutes ces hésitations inconfortables qui font partie des débuts de la vie amoureuse.

Mais «Genèse» n’est pas contemplatif, loin s’en faut. Même si l’époque est floue, volonté du cinéaste de souligner l’universalité du ressenti des premiers émois, les événements sont actuels, prenants. Toutes ces amours sincères, spontanées, réfléchies, hésitantes et maladroites portent en elles le souvenir de l’adolescence et résonnent de familiarité.

Quant au dernier tiers du film, qui se concentre sur les personnages de Béatrice (Émilie Bierre) et d’Alexis (Antoine Marchand-Gagnon), il rayonne d’espoir en montrant des jeunes dans un camp d’été. La scène du feu porte d’ailleurs en elle les germes de ce qui est développé dans «American Honey» d’Andrea Arnold.

La distribution est parfaite. En Théodore Pellerin, Noée Abitat et Émilie Bierre (et tous les autres aux rôles moins importants), Philippe Lesage a trouvé de jeunes acteurs au naturel éblouissant. On pense ainsi aussi au brillant «Une colonie» de Geneviève Dulude-De Celles sorti il y a quelques semaines. On ressort non seulement convaincu, mais enthousiaste.

Note: 4 sur 5