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Un retour en force pour Denis Bernard

Nathalie Slight | Agence QMI

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL / AGENCE QMI

Même s’il a campé des personnages marquants dans «Feux» et «Fatale-Station», Denis Bernard reste aux yeux de plusieurs Philippe Carpentier, de «Yamaska». Une perception qui pourrait bientôt changer avec la série «Appelle-moi si tu meurs», présentée en exclusivité sur Club illico. Le comédien se glisse cette fois dans la peau d’un mafioso italien, à des kilomètres de tout ce qu’il a fait jusqu’à présent.

Denis, outre «Feux» et «Fatale-Station», tu as fait peu de télévision après avoir consacré sept ans de ta vie à «Yamaska».

Pour être totalement franc, l’envie n’y était pas. Pas du tout, même. J’ai reçu des propositions de rôles: enquêteur, entrepreneur ou encore juge, tous des hommes puissants
qui travaillent en veston-cravate au 33e étage d’une tour de bureaux. En lisant la description de ces personnages, j’avais l’impression d’avoir fait mille fois le tour du jardin. Tant qu’à refaire ce que j’ai déjà fait, je préfère rester chez moi.

Et qu’est-ce qui t’a fait changer d’idée?

Un jour, mon agent m’a appelé pour m’aviser que j’étais pressenti pour incarner un personnage dans la nouvelle série «Appelle-moi si tu meurs», écrite par Claude Legault. Ça n’a pas été une surprise, puisque Claude m’en avait glissé un mot lorsque nous tournions ensemble «Fatale-Station». Il m’avait confié qu’il planchait sur une nouvelle série avec son complice de longue date, l’auteur Pierre-Yves Bernard («Minuit, le soir», «Dans une galaxie près de chez vous»). Ce qui a été une surprise, par contre, c’est la richesse de l’histoire et l’originalité de mon personnage. J’ai parcouru le scénario d’un trait et je me suis dit: «Je vais tellement avoir du gros plaisir à tourner ça!»

Pourquoi donc?

Parce que ce mafioso, nommé Mario, m’amène complètement ailleurs, dans des zones que je n’ai jamais explorées jusqu’à présent. C’est un mâle alpha, dur en apparence. Mais, sous sa carapace, il cache de profondes blessures. Claude Legault campe J.-F., son ami d’enfance, qui exerce le métier de policier. Les milieux mafieux et policier sont uniquement en toile de fond, car il ne s’agit pas d’une série policière. C’est d’abord et avant tout l’histoire d’une amitié improbable, mais vraie, profonde et authentique, soudée par un drame. Et cette thématique me rejoint à 200 %. Je suis persuadé que l’amitié est plus forte que la loi, plus forte que l’amour, plus forte que tout! Par ailleurs, à la télévision, le mélange des genres me plaît beaucoup, particulièrement les drames avec des pointes d’humour. Et c’est ce que je retrouve dans les textes d’«Appelle-moi si tu meurs».

Tu campes un mafioso. As-tu des racines italiennes?

Pas du tout! Mon personnage
glisse ici et là quelques phrases en italien, et c’est bien correct s’il parle avec un gros accent, puisqu’il est né d’un père québécois et d’une mère italienne: un parfait produit de Saint- Léonard! (rires) Cela dit, côtoyer des comédiens italiens sur ce plateau me donne le goût de me mettre à l’apprentissage de cette langue. J’ai brièvement commencé à apprendre l’italien il y a quelques années, puis j’ai laissé tomber le projet, faute de temps.


Du temps, tu en auras davantage prochainement, puisque tu quittes la direction artistique du Théâtre La Licorne!

J’ai pris cette décision il y a 10 ans, lorsque j’ai accepté le poste. Je considère qu’après quelques années, un directeur ou une directrice artistique doit laisser sa place, de façon à donner un nouveau souffle au théâtre qu’il dirige. Je resterai en poste jusqu’au printemps prochain, le temps de terminer la programmation 2019-2020. Après quoi, je ferai mes boîtes. Ce sera un deuil, bien sûr. Mais je suis heureux de laisser un théâtre vivant et en santé.

Tu as célébré ton soixantième anniversaire de naissance en décembre dernier...

Effectivement. Même si, certains matins, mon âge me rattrape, je trouve la soixantaine merveilleuse, parce je sais ce que je veux et, surtout, ce que je ne veux plus. Sans être dans un sentiment d’urgence, j’évite de m’en faire avec des projets, des gens, des détails qui n’en valent pas la peine. Je me concentre sur l’essentiel: mon travail et mes proches. Ma femme, qui est dans le domaine de l’éducation, prendra sa retraite cette année.

Des voyages sont donc à prévoir!

C’est certain. D’autant plus que
notre fille, âgée de 20 ans, a le projet d’étudier à l’étranger. Mais je n’ai pas besoin de planifier quelque chose de grandiose pour me sentir vivant. Je suis quelqu’un qui accorde une grande valeur aux petits bonheurs du quotidien. Je suis en santé, je suis bien entouré et je campe un rôle stimulant: il ne m’en faut pas plus pour être comblé.

La série «Appelle-moi si tu meurs», qui met également en vedette Claude Legault, Paul Ahmarani, Pierre Curzi, Louis Champagne et Magalie Lépine-Blondeau, est présentée en exclusivité sur Club illico.

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