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Cancer incurable: elle veut vivre avant de mourir

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

 Photo courtoisie, Louane Williams Caroline Gauthier, atteinte d’un cancer incurable, photographiée lors de l’activité « Une pose pour le rose » au profit de la Société canadienne du cancer (cancer du sein) à Matane.

courtoisie, Louane Williams

Photo courtoisie, Louane Williams Caroline Gauthier, atteinte d’un cancer incurable, photographiée lors de l’activité « Une pose pour le rose » au profit de la Société canadienne du cancer (cancer du sein) à Matane.

Une femme de Matane atteinte d’un cancer incurable ressent l’urgence de réaliser ses rêves, alors qu’on lui a trouvé dernièrement des métastases au cerveau et aux poumons.

L’an dernier, Caroline Gauthier avait lancé la tournée «Fuck le cancer, j’fais de l’impro» et son courage avait été salué.

Mais après avoir été «la saveur du moment», comme elle le décrit, la femme de 33 ans témoigne du revers de la médaille. Se faire soigner à des centaines de kilomètres de chez elle est devenu un réel fardeau.

«On est un peu isolés du monde dans notre coin. Ça prendrait des groupes d’entraide, du soutien. Il n’y a rien. Ça manque vraiment. Tout le monde est en silos», témoigne Caroline Gauthier.

Cancer incurable

Elle a reçu son premier diagnostic du cancer du sein en octobre 2012. Après une mastectomie partielle, de la chimiothérapie et de la radiothérapie, elle a été déclarée en rémission en 2014.

Le cancer a récidivé en 2017 et on lui a annoncé que sa maladie était incurable, un cancer du sein métastatique de stade 4.

Depuis, les médecins ont découvert des métastases au cerveau et aux poumons.

La semaine prochaine, elle devra subir de la radiochirurgie, à savoir de la radiothérapie ciblée, pour la seule métastase sur trente qui lui reste au cerveau.

«Le réseau (amis et famille plus éloignée) est là, au début, mais après on se ramasse seule. Tout le monde est là pour envoyer des petits bonshommes qui pleurent, des petits bonshommes qui sourient. Pendant ce temps, la réalité est que tu as un pouce de bonnes nouvelles, pour un pied de mauvaises nouvelles», déplore l’ancienne travailleuse sociale.

Urgence d’agir

Même si elle peut rencontrer son spécialiste en oncologie et faire de la chimiothérapie à Matane, dans le Bas-Saint-Laurent, elle doit se déplacer loin de chez elle pour tous les soins médicaux plus pointus.

Elle va à Rimouski trois à quatre fois par mois et doit passer la prochaine semaine à Québec.

Avec comme seul revenu ses chèques de la Régie des rentes, elle dit manquer de moyens pour vivre ses derniers rêves.

Elle ignore s’il lui reste quelques mois ou cinq ans à vivre, mais avec les nouvelles des derniers jours, elle sent l’urgence d’agir.

«Ma liste de souhaits à réaliser, je l’avais faite avant le cancer. J’en ai coupé un peu depuis. Je veux vivre avant de ne plus vivre», dit-elle.

Caroline Gauthier a réalisé le rêve de se marier l’été dernier, mais elle souhaite aussi assister à un match de la WWE au premier rang, passer une nuit dans une suite luxueuse et chanter sur une scène en public, entre autres.