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«Il nous arrive d’être responsables de nos propres malheurs» - Y-F Blanchet

TVA Nouvelles

En entrevue à La Joute Dimanche, le nouveau chef du Bloc québécois n’a pu que l’avouer lui-même : il arrive que les souverainistes se tirent dans le pied en manquant de discipline.

«À certains égards, chacun son tour, il nous arrive d’être responsables de nos propres malheurs. [...] Les sondages sont extrêmement constants sur la popularité de l’idée de la souveraineté. Ils sont aussi assez constants sur la perte de popularité des véhicules de la souveraineté, et ça, il n’y a que nous-mêmes à blâmer.»

Emmanuelle Latraverse s’est entretenue dimanche matin avec M. Blanchet en marge du congrès de «refondation» du Bloc, à Sorel-Tracy. Un événement que le principal intéressé estime réussi, dans un cadre presque «festif».

Et les crises, comme celles traversées par la formation souverainiste, n’ont pas que du négatif, croit-il.

«On est la preuve qu’un mouvement de refondation peut fonctionner, qu’on peut avoir un parti uni même après, et peut-être grâce à, des périodes difficiles.»

«Redevenir sexy»

Quant aux événements qui secouent présentement le Parti québécois, le leader bloquiste préfère s’abstenir de commenter, mais estime que le temps joue en leur faveur.

«L’ensemble des souverainistes qui se destinent à l’Assemblée nationale a trois ans et demi, ce n’est pas si mal, on avait beaucoup moins que ça. Ils sont capables de se redéfinir, de redevenir sexy aux yeux des Québécois, comme il est nécessaire de l’être. Les gens ne sont pas obligés de voter pour nous, il faut qu’ils aient le goût de nous autres, le goût de la souveraineté.»

Qualifiant au passage le Canada de «pays pétrolier», M. Blanchet affirme que l’environnement peut devenir ce qui motive et fait bouger les souverainistes.

«Le Québec a la capacité de mettre en place un modèle environnemental et le devoir de le faire. Il se doit ça à lui-même et il le doit au monde. Il ne peut pas le réaliser quand on prend quatre milliards de dollars des Québécois et qu’on l’envoie dans l’Ouest canadien pour développer l’industrie du pétrole.»

Déjà des critiques

Certains critiques du nouveau chef estiment qu’il ne parle pas assez d’indépendance, que cette question ne prend pas assez de place dans son discours. Des reproches qu’il balaie du revers de la main.

«Si dans mon discours d’hier, je n’ai pas dit "souveraineté", "indépendance" ou "pays" cinquante fois, je ne l’ai pas dit. N’importe qui qui me connaît un peu saura que je suis un indépendantiste convaincu depuis que j’ai 15 ans. [Mais] il y aura toujours des gens pour dire que ce n’est pas assez.»

Questionné sur le plus gros défi du Bloc pour cette dernière session avant les élections, le chef est clair: ce défi ne sera pas parlementaire, mais bien organisationnel.

«Il y a plus de travail à faire qu’il y en a de fait, admet-il. Le travail de réorganisation dans les régions, de financement n’est pas complété.»

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