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Affaire SNC-Lavalin: une ministre impliquée se vide le coeur

Guillaume St-Pierre | Journal de Québec

 - Agence QMI

Une des deux ministres ayant démissionné dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin a brisé le silence dans une entrevue explosive dans laquelle elle affirme que plusieurs questions demeurent sans réponse.

«Il y a beaucoup plus à raconter dans cette histoire», a déclaré l’ex-présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, au magazine spécialisé en politique «Maclean’s», dans une entrevue publiée jeudi.

Mme Philpott a démissionné le 4 mars dernier, soutenant qu’elle avait «malheureusement perdu confiance en la façon dont le gouvernement a géré ce dossier».

Le premier ministre et son entourage sont visés par des allégations d’ingérence politique auprès de l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, afin que cette dernière aide SNC-Lavalin à éviter un procès criminel. Cette dernière a depuis démissionné.

Dans son entretien avec le journaliste Paul Wells, Mme Philpott soutient qu’elle-même et Mme Wilson-Raybould doivent pouvoir s’expliquer davantage.

Mais pour ce faire, le premier ministre doit lever entièrement les privilèges de confidentialité qui empêchent les deux femmes de s’exprimer librement, estime Mme Philpott.

«Si rien de mal s’est produit, alors pourquoi ne pas renoncer au privilège de confidentialité sur tout le dossier et laisser les personnes concernées donner leur avis et partager leur histoire?» s’est questionnée Mme Philpott.

En point de presse en Ontario, Justin Trudeau a semblé fermer la porte à cette avenue, se disant satisfait des témoignages entendus au comité de la justice.

Questionné à savoir s’il peut continuer de tolérer la présence des deux ministres démissionnaires rebelles au sein du caucus libéral, M. Trudeau a soutenu que son parti permet ce genre de divergence d’opinions en son sein.

Dans son entretien, Mme Philpott affirme avoir reçu un «accueil mitigé» de la part de ses collègues libéraux depuis sa démission fracassante.

«Je suis vraiment désolé d’avoir eu à faire ce que j’ai fait, car il y a des gens qui ont peur de ne pas être élus à cause de cela», a-t-elle raconté au magazine.

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