/regional/sherbrooke/estrie

Le débat sur la présence de crucifix dans les hôtels de ville

 - Agence QMI

La décision des élus montréalais de ne pas remettre le crucifix dans la salle du conseil municipal, une fois qu'elle aura été rénovée, suscite des réactions partagées en Estrie.

À Granby, où le symbole religieux orne la salle du conseil, le maire Pascal Bonin ne pourrait être plus clair: le crucifix qui se trouve à la porte d'entrée est là pour rester.

Maire depuis 10 ans, il affirme que jamais un élu ou un citoyen ne l'a abordé relativement à cette question.

«Il ne déménage pas, s'il sort, moi aussi je quitte. Ce sont nos prédécesseurs qui l'ont placé à cet endroit il y a plus de 80 années. Un crucifix, pour moi, n'est pas qu'un symbole religieux, c'est le patrimoine de nos ancêtres, nos bâtisseurs. J'aurais l'impression de m'essuyer les pieds sur leur mémoire en l'enlevant», a dit M. Bonin.

Chez les citoyens de sa ville, les avis sont toutefois partagés.

Pour certains, il serait impensable de toucher à ce symbole. Pour d'autres, le crucifix n'a plus sa place dans une institution laïque; les symboles, catholiques ou d'autres religions, doivent être retirés.

À Sherbrooke, le crucifix reçu en cadeau de Mgr Jean-Marie Fortier, en 1994, orne toujours l'un des murs de la salle du conseil.

La dernière fois que les élus se sont questionnés sur sa pertinence remonte à 2011.

À la connaissance du conseiller municipal Rémi Demers, aucun citoyen ne s'est jamais plaint de la présence de ce symbole religieux.

À quoi bon débattre de la question alors? «Je ne sens pas, de la part de mes collègues, l'urgence ou le besoin d'en parler. Est-ce qu'avec la décision de Montréal, ça va changer, on verra. Personnellement, je ne vois pas pourquoi on l'enlèverait. Il fait partie de notre patrimoine», a dit à TVA Nouvelles M. Demers.

Qu'en pense l'Archevêché de Sherbrooke?

Sa position est la même que celle de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec à la suite du retrait à Montréal. «Il revient aux élus d'aujourd'hui de décider ce qu'ils en feront. L'assemblée respecte leur décision», peut-on lire dans un communiqué.

Notons qu'à Victoriaville et à Drummondville, le crucifix a été retiré des salles du conseil il y a plus de 15 ans. À Drummondville, c'était à la suite de travaux réalisés en 2002.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.