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Carpe diem avec «La Société des poètes disparus»

Emmanuel Martinez | Agence QMI

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PHOTO COURTOISIE/Gunther Gamper

Le fameux «carpe diem» de «La Société des poètes disparus» est au rendez-vous pour les spectateurs qui auront le plaisir d’assister à cette pièce tirée du film du même titre au Théâtre Denise-Pelletier.

Adaptée pour le théâtre par Tom Schulman qui avait signé le scénario original, cette production traduite par Maryse Warda est à la hauteur du classique du septième art réalisé par Peter Weir en 1989.

Restant fidèle au film, la mise en scène de Sébastien David est brillante. Les jeux d’ombre et de lumière, le décor simple et dépouillé, les transitions entre les tableaux et la musique s’harmonisent parfaitement.

Fréquentant en 1959 un collège privé américain aussi renommé que traditionaliste, les six adolescents au cœur de cette histoire demeurent perplexes face à l’approche pédagogique de leur nouveau professeur de littérature anticonformiste. Ils sautent ensuite à pieds joints dans le mantra de M. Keating qui les invite à découvrir les poètes américains du 19e siècle comme Whitman et Thoreau, à trouver leur propre voix et à s’épanouir dans ce qu’ils sont vraiment. Ces étudiants vont ainsi recréer «La Société des poètes disparus» et s’enflammer pour la poésie et les arts, qui détonnent avec le conservatisme ambiant de l’époque. Évidemment, cela ne plaira pas aux parents ni au rigide directeur de l’Académie Welton...

Toujours pertinente

La distribution de ce spectacle est solide. Le professeur Keating, brillamment interprété par Robin Williams dans le film, est rendu avec finesse et aplomb par Patrice Dubois. Souvent confiné dans des rôles d’excentriques ou de marginaux, Jean-François Casabonne est aussi extrêmement convaincant sous les traits du sévère directeur de ce collège réservé à l’élite.

Les six comédiens qui interprètent les adolescents en quête de liberté transmettent avec aisance cette énergie propre une jeunesse prête à s’enflammer pour ce qui la passionne.

Simon Landry-Désy se glisse à merveille dans la peau de Todd Anderson, coincé, qui balbutie plutôt que de parler, mais qui au fil du récit s’affirme davantage. Émile Schneider est touchant en interprétant Neil Perry, cet illustre élève qui ne veut pas suivre la voie toute tracée par son père autoritaire (Gérald Gagnon). Mustapha Aramis, Maxime Genois, Étienne Lou et Anglesh Major incarnent les autres élèves qui veulent eux aussi «sucer toute la moelle secrète de la vie». Quant à elle, Alice Moreault se transforme en Christine, le coup de cœur d’un des ados.

Les inconditionnels du long métrage retrouveront dans cette pièce ce qui leur avait tant plu, soit un amour pour les arts, la liberté, la prise de parole et la jeunesse. Cette production n’a pas la prétention de réinterpréter l'œuvre, mais de montrer, avec brio, qu’elle n’a pas pris une ride.

«La Société des poètes disparus» est présentée jusqu’au 16 avril au Théâtre Denise-Pelletier.