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Jody Wilson-Raybould fournira des copies de courriels au comité de la justice

Émilie Bergeron

 - Agence QMI

L’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould fournira des copies de messages textes et de courriels appuyant son témoignage-choc devant le comité de la Justice, malgré que ce dernier ait décidé qu'il n'y aurait pas d'autres comparutions dans le cadre de l’affaire SNC-Lavalin.

«Je m’attends à ce que ces renseignements soient considérés par le comité comme faisant partie de mon témoignage du 27 février 2019 et comme suite donnée à celui-ci», écrit Mme Wilson-Raybould dans une lettre envoyée jeudi au président du comité parlementaire, le député libéral Anthony Housefather, et relayée aux médias vendredi.

L’ex-ministre précise dans sa missive qu’il lui avait été demandé de fournir ces messages textes et ces courriels lorsqu’elle a témoigné devant le comité de la Justice.

«À ce même sujet, j’ai aussi en ma possession des éléments pertinents de faits et de preuves qui clarifient certaines de mes déclarations et permettent d’élucider l’exactitude et la nature de déclarations faites par des témoins qui ont comparu après moi devant le comité», ajoute-t-elle.

Elle dit espérer que les membres du comité de la Justice prendront en considération les éléments qu'elle fournira dans l'élaboration de son rapport.

L’ex-présidente du Conseil du Trésor Jane Philpott, qui a démissionné dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin, a soutenu dans une entrevue au magazine «Maclean’s» publiée jeudi qu’«il y a beaucoup plus à raconter dans cette histoire».

Versions divergentes

Mme Wilson-Raybould allègue avoir subi des pressions inappropriées et soutenues de la part du premier ministre Trudeau et de son entourage afin qu’elle aide le géant de l’ingénierie SNC-Lavalin à éviter un procès criminel.

M. Trudeau, son ex-bras droit Gerald Butts et le greffier du Conseil privé ayant récemment annoncé sa retraite, Michael Wernick, ont toutefois assuré n’avoir rien à se reprocher.

Les conservateurs voient dans la lettre de Mme Wilson-Raybould un signe de plus qu’il faut la réentendre témoigner et la laisser parler d’événements survenus en dehors de la période où elle a été procureure générale du Canada.

Le premier ministre y a toutefois fermé une fois de plus la porte, lors d’un point de presse à Thunder Bay, en Ontario, vendredi.

«On a justement émis un décret sans précédent [...] pour permettre à l’ex-procureure générale de s’exprimer pleinement sur ses expériences vécues alors qu’elle était procureure générale», a-t-il dit.

Recours au privilège parlementaire?

Face à la décision du comité de la Justice de fermer les livres sur l’affaire SNC-Lavalin, les conservateurs demandent au Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique de convoquer Mme Wilson-Raybould.

Plusieurs libéraux rétorquent toutefois que Mme Wilson-Raybould et Mme Philpott peuvent s’exprimer sans crainte en Chambre grâce au privilège parlementaire.

«Elles ont droit à cette liberté d’expression et si elles veulent s’en prévaloir ce sera à elles de décider», a dit la ministre de la Francophonie Mélanie Joly.

D’autres élus craignent toutefois que cette tribune ne leur permette pas d’aller au fond des choses ni d’avoir à répondre aux questions de relance de leurs collègues.

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