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Des citoyens inquiets de la qualité de l’air dans l'Est de Montréal

Béatrice Roy-Brunet

 - Agence QMI

STOCKQMI-IMMEUBLE

Joel Lemay/Agence QMI

De nombreux citoyens de l’Est de Montréal ont signalé leur inquiétude au sujet de la qualité de l’air du secteur, dimanche, lors d’une assemblée publique sur le sujet.

«Est-ce que je dois m’inquiéter vraiment pour ma santé? Parce que là je suis inquiète», a témoigné Maryse Couillard, alarmée par les causes des nombreux problèmes de santé.

La même crainte a été partagée par plusieurs citoyens réunis pour l’assemblée publique. Ceux-ci sont exposés à diverses substances en raison de l’activité industrielle du secteur.

En septembre dernier, notre Bureau d’enquête avait dévoilé que l’entreprise CCR dépassait les normes permises pour les émissions d'arsenic, une substance cancérigène, dans l'air depuis environ huit ans. L’usine de transformation de cuivre de l’entreprise, située sur l’avenue Durocher, à Montréal-Est, a été identifiée comme la source de contamination.

Certains citoyens ont aussi fait état d’«odeurs assez fortes» ou de la présence de poussière d’origine inconnue sur leur voiture. «C’est pas juste les dépôts sur la vitre ou dans la maison, tu le respires en dedans quand toutes tes portes sont ouvertes parce qu’il fait chaud, c’est nocif», s’est inquiétée Marthe Fournier, résidente de Pointe-aux-Trembles.

Le médecin spécialiste David Kaiser a indiqué que l’espérance de vie moins élevée et les problèmes respiratoires de ce secteur sont connus. «Il y a peut-être un travail à faire pour mieux comprendre les explications derrière ça.»

Récemment, la Direction régionale de la santé publique (DRSP) s’est d’ailleurs engagée à mettre à jour les études sur la qualité de l’air afin d’y intégrer les effets des émanations produites par les industries.

Appel à la mobilisation

Selon Raymond Moquin, du Collectif en environnement Mercier-Est, le problème du secteur est surtout attribuable à la circulation sur la rue Notre-Dame Est et l’autoroute 25. «On ne peut pas trouver une solution durable dans l’est si on ne trouve pas le moyen de réduire le camionnage.»

De son côté, André Bélisle de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a surtout invité la population à se mobiliser pour faire évoluer la situation.

«Il y en a beaucoup de polluants. Il faut réduire les sources, il faut les contrôler. Il faut trouver les moyens de travailler ensemble et de mettre la pression ensemble.»