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Fin de carrière sur le podium pour Alex Harvey

Alain Bergeron

 - Agence QMI

On a déjà l’acteur principal et le scénario, il ne reste plus qu’à tourner le film. Alex Harvey a terminé dimanche sa carrière avec une histoire d’Hollywood : le deuxième rang de la poursuite de 15 kilomètres en style libre, le meilleur chrono du jour et, à ses pieds, des plaines d’Abraham bondées par plus de 25 000 spectateurs sous un ciel bleu.

C’est à se demander si ce qu’on a vu dans ces finales de la Coupe du monde de ski de fond n’avait pas été écrit quelque part. Tout le concentré d’émotions et de sanglots évacué samedi par le chouchou de la foule, lors de son deuxième rang au 15 km en style classique, avait mis la table pour cet ultime repas d’un dimanche en famille.

Dans un spectacle coanimé avec le Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo et le Russe Alexander Bolchunov, le Québécois n’avait plus qu’à se préoccuper de la chose sportive. La magie de la veille avait chassé toute la pression de s’offrir un dernier podium chez lui. En prime, il en aura obtenu deux.

«Samedi, c’était vraiment émotif, je croyais encore au podium, mais il fallait que je me force pour y croire. Aujourd’hui [dimanche], je n’avais pas à forcer pour y croire. J’ai vraiment pu apprécier la journée, surtout mon dernier tour. J’ai pu savourer le moment», a commenté l’homme le plus recherché à Québec durant la dernière semaine.

Un podium assuré

En vertu du classement après les deux premières épreuves de ce mini-tour, Harvey s’est élancé à 53 secondes de la fusée Klaebo, puis une seconde derrière Bolchunov. Campé derrière le Russe, qui était forcé de rejoindre son grand rival dans l’espoir de lui ravir le titre de champion au classement général de la saison, l’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges a bénéficié de son effet ascendant.

À la mi-course, les deux poursuivants ont fusionné avec Klaebo. Le podium était là, il fallait maintenant en établir la hiérarchie. À moins de deux kilomètres de la banque, le prodige de Trondheim a actionné le turbo. On a déduit que la victoire lui était promise. Pour compléter le tableau, comme il l’a souvent fait dans ce genre d’issue, Harvey a bouffé du russe dans les 100 derniers mètres pour entrer deuxième.

Après avoir reçu l’accolade du gagnant, le skieur de 30 ans s’est dirigé vers Bolshunov, seul à l’écart, en pointant son propre biceps droit pour lui signifier tout le travail qu’il venait d’accomplir.

«J’ai dit à Bolshunov qu’il avait été le plus fort, mais c’est ça, la beauté de notre sport. Ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne», a avoué le skieur de 30 ans, pour qui le chrono de 28 min 15 s constitue le plus rapide de la journée.

«C’est pour ça que j’ai gagné des courses [durant sa carrière], car physiquement, je n’ai jamais été le plus fort, mais stratégiquement, techniquement et pour la qualité de l’équipement, c’est pour toutes ces raisons que j’ai gagné.»

«Bon moment pour partir»

C’est ainsi que s’achève une carrière riche de 32 podiums en Coupe du monde, dont 29 individuels, et cinq médailles à des Championnats du monde, incluant ses titres en 2011 et 2017.

Durant les célébrations, l’étoile du jour a enjambé une balustrade et a couru dans les bras de son père, Pierre, qui célébrait le jour même son anniversaire de naissance. Plus de 30 ans après le paternel, c’est au tour du fils de quitter un sport que les deux auront marqué pour toujours.

«Ça me réconforte encore plus dans ma décision. J’ai toujours dit que je voulais arrêter au sommet. Même si la saison a été difficile, mes deux dernières semaines ont été très bonnes, donc le moment est bon pour partir.»