/regional/montreal/montreal

Retards de trains : Exo et Bombardier se renvoient la balle

Camille Dauphinais-Pelletier | Agence QMI

 - Agence QMI

GEN-Nouvelle image de marque du RTM: une première voiture de train aux couleurs d’«exo»

Zacharie Goudreault / Agence QMI

Exo, l’agence qui gère les trains de banlieue à Montréal, et Bombardier, qui exploite et entretient les locomotives d’exo, se rejettent mutuellement la responsabilité des retards de trains en 2018 et qui perdurent, surtout sur les lignes Deux-Montagnes et Mascouche.

Dans un procès-verbal d'une réunion du conseil d'administration d'exo obtenu en vertu de la loi d'accès à l'information, on peut lire que le directeur général d’exo Sylvain Yelle a indiqué en octobre aux administrateurs que la situation avec Bombardier était « critique », puisque la fiabilité du matériel roulant était sous les standards requis et que l’entreprise ne réalisait pas l’intégralité du programme d’entretien préventif prévu au contrat.

Il a également rencontré le président responsable de la région des Amériques de Bombardier Transport, qui était à l'époque Benoit Brossoit, pour lui faire part de son mécontentement par rapport au travail de la compagnie, qui est responsable depuis le 1er juillet 2017 de l’exploitation et de l’entretien du matériel roulant sur les six lignes de train de banlieue de la métropole.

Pénalités contestées

Des pénalités ont été imposées à Bombardier par exo tout au long de l’année. Des clauses de confidentialité empêchent de connaître le nombre ou le montant des pénalités imposées, mais selon le devis technique de l’appel d’offres qui a mené au contrat, celles-ci peuvent varier entre 500 $ et 100 000 $.

Eric Prud’Homme, directeur des communications pour Bombardier Transport, explique toutefois que la «très grande majorité des pénalités» reçues en 2018 sont «vigoureusement contestées» par l’entreprise.

Selon ce qu’il rapporte, plusieurs retards dans l’entretien des trains seraient attribuables à une mauvaise gestion de la part d’exo, qui s’occupe des commandes de pièces et des infrastructures où se font les réparations. L’arrivée du REM a aussi bouleversé les conditions de travail de la compagnie, qui doit maintenant opérer en voie simple sur certaines voies ferrées.

«Quand je regarde l’exemple des MR-90 au niveau de la rénovation, on s’était engagés à les compléter au 31 décembre. On les a complétés à 75 % parce qu’il manque une pièce, et ce n’est pas nous qui la commande. Mais c’est sûr qu’à la fin, nous on est imputés», donne-t-il en exemple.

Des installations indisponibles pendant trois semaines pour cause d’interrupteurs gelés, un changement de lieu d’atelier qui retarde de trois semaines des travaux en raison de l'arrivée du REM, une pièce d'équipement non réparée pendant deux mois... Les obstacles rencontrés par Bombardier lors de l’entretien des trains d’exo seraient nombreux, une problématique que la compagnie dit ne pas avoir dans la région de Toronto, où elle exploite GO Transit et où la ponctualité des trains n’est pas un problème.

«On veut travailler avec exo, on veut offrir le meilleur service aux passagers, aux clients, mais dans le fond il y a une responsabilité qui doit être partagée quand on analyse ces chiffres-là», résume M. Prud’Homme.

Celui-ci reconnaît que certains facteurs, comme le manque de main-d’œuvre, ont contribué aux retards du côté de Bombardier en 2018. La situation aurait été corrigée depuis, avec de nombreuses embauches.

Taux de retards sur les lignes de train de juin 2018 à février 2019

Vaudreuil-Hudson : 4,4%

Saint-Jérôme : 5,3%

Mont-Saint-Hilaire : 3,8%

Candiac : 4,6%

Mascouche : 9,7%

Deux-Montagnes : 12,5%

Dans la même catégorie