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Abus sexuels: un prêtre montréalais écope de 8 ans

Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Un prêtre montréalais qui a abusé sexuellement de deux garçons a écopé lundi de huit ans de pénitencier, sous le regard des victimes encore traumatisées.  

«Même si je parais aller mieux, je suis encore traumatisé... Je cherche la justice, pour protéger les enfants», a émotivement expliqué une des victimes du prêtre Brian Boucher, juste avant la sentence exemplaire rendue lundi au palais de justice de Montréal.

Boucher, 56 ans, a longtemps été prêtre dans la région de Montréal. Apprécié des fidèles, personne ne se doutait qu’il était en réalité un pédophile qui abusait de garçons.  

Sa première victime était un adolescent de 14 ans quand les agressions ont commencé en 1995. Elles avaient lieu «une fois par semaine, parfois deux», avait expliqué la victime qui a ainsi été abusée pendant quatre ans.  

Parfois, Boucher envoyait ensuite l’enfant au confessionnal en lui faisant une leçon de morale voulant que « la porno, c’est mal ».  

Puis, en 2010, le prêtre a fait une autre victime, un adolescent de 13 ans.  

«Il m’a lentement isolé de ma famille après avoir gagné la confiance de ma famille, a expliqué ce lundi le jeune maintenant adulte. Ses actions étaient calculées, il a utilisé des mensonges, il m’a manipulé.»  

À la suggestion tant de la défense que de la Couronne, Boucher a écopé de huit années d’incarcération. Dans ce dossier, le maximum possible était de 10 ans.  

«Ce n’était pas des incidents isolés, il a utilisé la peur et la religion pour forcer le silence [des victimes], a noté la juge Patricia Compagnone. Ses crimes ont eu un impact significatif sur la vie des victimes. À cause de lui, les victimes doivent subir un lourd poids sur leurs épaules.»  

Avant d’entériner la suggestion des avocats, la juge a d’ailleurs souligné la force des deux garçons qui ont dénoncé le prêtre.  

«La dénonciation contribuera à ce que [les abus de Boucher] ne se répètent pas, tous les croyants vont en profiter en étant libéré d’un agresseur d’enfants», a-t-elle dit.  

Boucher, dont les crimes ont été dénoncés haut et fort par le diocèse de Montréal, n’a pas souhaité s’adresser à la cour.  

En plus de sa sentence d’incarcération, il a été inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité. Et une fois sa peine purgée, il lui sera interdit de se trouver dans des lieux où pourraient se trouver des mineurs, à moins d’être en présence d’un adulte au courant de ses crimes.

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