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L'opposition craint la concurrence à BIXI

Elsa Iskander

 - Agence QMI

CHARLOTTE R. CASTILLOUX/AGENCE QMI

L’arrivée de nouveaux vélos et trottinettes électriques en libre-service à Montréal risque de menacer BIXI, selon l’opposition officielle à l’hôtel de ville, qui reproche à l’administration de Valérie Plante d’être trop expéditive dans ce dossier.

«En amenant d’autres joueurs, on est en train d’augmenter la concurrence et on met en cause la viabilité et la pérennité de BIXI-Montréal, estime Lionel Perez. Quelle est la logique d’investir des fonds publics dans BIXI et, en même temps, d’encourager ses concurrents à s’installer sur le même territoire pour lui faire perdre des revenus?», a lancé le chef de l’opposition officielle.

Les vélos en libre-service JUMP d’Uber et les trottinettes électriques Lime de Google et Uber pourraient s’implanter dans la métropole. Montréal souhaite faire adopter ce printemps un règlement sur les services de véhicules non immatriculés en libre-service sans ancrage.

Pas les mêmes contraintes

Ensemble Montréal reproche au parti au pouvoir de «dérouler le tapis rouge» à de nouveaux joueurs aux dépens de BIXI. Ces entreprises privées ne sont pas soumises aux mêmes contraintes, a expliqué M. Perez. Par exemple, alors que BIXI compte être présent dans tous les arrondissements, les nouveaux joueurs pourraient plutôt choisir de s’implanter seulement dans les quartiers centraux, dans un souci de rentabilité, a-t-il illustré.

«Ça ne prend pas un prix Nobel en économie pour savoir que, si on est en train d’ouvrir ce marché à la compétition, ça va créer de la pression sur les prix et les prix vont baisser, ça va créer de la pression sur le "membership" et le "membership" va diminuer», a soutenu Aref Salem d’Ensemble Montréal.

M. Perez a aussi fait remarquer que, dans d’autres villes, la coexistence entre différents systèmes de véhicules en libre-service s’est avérée problématique.

Agir en amont

Le modèle d’affaires de BIXI est «stable, viable, performant, a répliqué le responsable des transports au comité exécutif, Éric Alan Caldwell. BIXI est là pour rester, ça restera la colonne vertébrale du vélo en libre-service».

Les nouveaux services de véhicules en libre-service formeront une «offre complémentaire», a-t-il ajouté.

L’administration Plante veut avoir une réglementation claire avant même l’arrivée de nouveaux joueurs, laquelle pourrait d’ailleurs être amenée à évoluer, a expliqué M. Caldwell.

«Les villes qui ont subi un déploiement archaïque, chaotique, avec beaucoup de nuisances [...], c’est des villes qui ont attendu» avant d’agir. Avec la réglementation proposée, «on vient contenir les nuisances, on vient protéger la place de BIXI».

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