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Mélanie Joly veut parler de Mirabel avec Trudeau

Stéphane Sinclair | Journal de Montréal

Martin Alarie/Journal de Montréal

La ministre Mélanie Joly, petite-fille d’expropriés de Mirabel, s’est dite prête à discuter avec Justin Trudeau afin que le Canada s’excuse d’avoir chamboulé la vie de milliers de citoyens il y a 50 ans.

Mercredi, Le Journal publiait de nombreux témoignages d’enfants d’expropriés qui ont mandaté une avocate pour demander au premier ministre de s’excuser officiellement pour la façon dont leurs parents ont été expulsés de leur foyer, perdant du même coup leur gagne-pain d’agriculteur.

Le fédéral voulait faire de l’aéroport de Mirabel, dans les Laurentides, la porte d’entrée du Canada avec six aérogares et six pistes. Pour y arriver, 10 000 personnes ont été expropriées sur une superficie de 97 000 acres.

L’expropriation de 1969 a chamboulé des milliers de vies, comme celle des grands-parents de la ministre canadienne du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.

« Ma grand-mère me disait encore [mercredi] que mon grand-papa, Marcel Joly, passait souvent devant la ferme par nostalgie. Un jour, tout était en feu. Ça lui a pris des mois avant de pouvoir s’en remettre tellement cela a été difficile pour lui », se désole-t-elle en entrevue avec Le Journal.

Ferme abandonnée

Alors agriculteur et propriétaire d’une auberge à Saint-Canut, ses grands-parents ont dû vendre leur bétail, abandonner leur ferme, se trouver de nouveaux emplois et recommencer une nouvelle vie à Saint-Eustache. Sa grand-mère de 91 ans, Mme Angéline Lacombe, dit être nostalgique des années précédant l’expropriation, selon la députée.

Mme Joly était de passage mercredi à Sainte-Scholastique lors des cérémonies commémorant les 50 ans des expropriations.

En discussions

Mme Joly a précisé qu’elle travaillait avec le ministre des Transports, Marc Garneau, afin de finaliser la rétrocession des 850 acres restants. Elle souligne qu’il y a encore des discussions à avoir, notamment avec l’Union des producteurs agricoles, les expropriés ainsi que les Mohawks de Kanesatake, qui revendiquent la Seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, territoire qui incluait le Mirabel d’aujourd’hui.

Elle affirme ne pas avoir de rancœur contre le père de l’actuel premier ministre, dont le gouvernement avait annoncé les expropriations dans le journal et non directement aux gens touchés.

« C’était l’époque des grands travaux et ça se faisait comme ça. Jean Drapeau a aussi eu des projets géants à Montréal », avance-t-elle.

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