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Train Deux-Montagnes/Mascouche: les usagers boycottent le groupe de travail

Camille Dauphinais-Pelletier

 - Agence QMI

Zacharie Goudreault / Agence QMI

Les usagers qui faisaient partie du groupe de travail des lignes Deux-Montagnes et Mascouche pour trouver des solutions aux impacts du REM ont annoncé qu’ils se retiraient de celui-ci parce qu’ils ne se sentent pas écoutés et qu’ils considèrent que les mesures d’atténuation proposées sont inacceptables.

«On quitte la table de travail pour l’instant. On laisse la porte ouverte au cas où ils changent quelque chose, mais à date, on trouve qu’on a perdu notre temps», a expliqué Stefan Bracher, l’un des clients de la ligne Deux-Montagnes qui a participé aux réunions du groupe de travail.

À la fin du mois de février, la ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau a annoncé les mesures de mitigation prévues, après de nombreux mois d’attente. Il s’agit principalement d’autobus qui amèneront les clients jusqu’à la station de métro Côte-Vertu, doublant leur temps de transport.

«L’annonce des mesures alternatives a éveillé un sentiment fort intense de n’avoir pas véritablement été écoutés et d’avoir perdu beaucoup de notre temps», peut-on lire dans la lettre que le groupe a envoyée la semaine dernière à l’ARTM, au bureau du REM, à exo et à la STM.

L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui est responsable de l’élaboration des mesures de mitigation, a indiqué mardi au «24 Heures» qu’elle préférait prendre le temps de répondre aux usagers avant de commenter la situation dans les médias. Même son de cloche du côté du cabinet de la ministre Rouleau.

Plusieurs insatisfactions

Dans leur lettre, les usagers soulèvent plusieurs insatisfactions en lien avec les mesures présentées.

«Nous ne considérons absolument pas les temps de déplacement proposés, qui incluent plusieurs correspondances, comme étant compétitifs à l’automobile», peut-on lire.

Les clients de la ligne de train déplorent aussi ne pas encore avoir de détails concernant la tarification qui sera en vigueur. «Vu les temps de déplacement et le nombre de correspondances prévues, nous pensons que la gratuité jusqu’au métro représenterait une compensation minimale pour les usagers», disent-ils. Lors de l'annonce, la ministre avait plutôt évoqué une réduction de 30 % du prix actuel.

Les usagers seraient ouverts à reprendre les activités du groupe si une nouvelle annonce de mesures d’atténuation «jugées acceptables» était faite.

Laissés sur les quais

Par ailleurs, les conditions continuent de se détériorer sur la ligne. Les modifications dans l’horaire de train, qui sont entrées en vigueur lundi, ont mis dans l’embarras plusieurs clients, qui demeuraient sur le quai alors que les wagons pleins à craquer ne pouvaient pas les embarquer.

La passagère Lily Khyco estime qu’il y avait environ une cinquantaine de personnes par station qui n’arrivaient pas à entrer dans le train entre Roxboro et la Gare centrale.

«Ça se pousse et ça devient même agressif, a-t-elle raconté. C’est normal, chacun veut arriver à destination avec un service supposément payé et organisé. Lundi, une dame enceinte se faisait bousculer, j’ai dû me mettre devant elle pour ne pas qu’on lui fasse mal. C’est vraiment décevant.»

Les citoyens des lignes Deux-Montagnes et Mascouche, insatisfaits du service de train et des mesures d’atténuation, se réuniront le 1er avril à la Gare centrale de 7 h à 9 h pour manifester.

Mesures d’atténuation: principaux reproches des usagers du groupe de travail

Les temps de déplacement seront doublés et ne seront pas compétitifs avec l’automobile.

Tous les œufs ont été mis dans le même panier, avec des navettes d’autobus vers la station de métro Côte-Vertu, alors que d’autres avenues auraient pu être explorées.

Les détails sur les réductions tarifaires ne sont pas encore connus.

Les clients ayant des trajets atypiques et les étudiants qui transitent par les gares Mont-Royal et Canora sont laissés pour compte.

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