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Une maison d’hébergement unique pour les victimes de l’industrie du sexe

TVA Nouvelles

Les femmes qui souhaitent sortir une fois pour toutes de l’industrie du sexe ont maintenant une ressource adaptée à leur situation.

Grâce à l’organisme La Sortie, une maison d’hébergement a ouvert ses portes en septembre dernier.

Dans ce lieu, dont l’adresse demeure confidentielle pour protéger les résidantes, les femmes peuvent recevoir de l’aide en tout temps.

En plus des services psychologiques, les résidentes de la maison peuvent obtenir un coup de pouce pour retourner à l’école, se trouver un emploi, ou encore, faire les démarches pour obtenir des prestations d’aide sociale.

Les services offerts par l’organisme La Sortie sont inestimables pour les femmes qui ont travaillé dans l’industrie du sexe.

«Cette vie-là amène beaucoup de honte. Quand on met une femme qui veut se sortir de l’industrie du sexe dans une maison de violence conjugale, ce n’est pas la même réalité», a expliqué Maylissa, intervenante, et elle-même une ancienne travailleuse du sexe.

Dans une maison de violence conjugale, «la femme ne parlera pas de son vécu. Ça la cache encore plus et elle ne peut pas travailler les problèmes émotionnels qu’elle aimerait travailler», a précisé l’intervenante.

La Sortie offre «une solidarité de femmes» pour les résidentes, âgées entre 18 et 45 ans. «Les femmes peuvent se voir dans d’autres femmes», a ajouté Maylissa.

Le centre d’hébergement accueille présentement trois femmes, et peut en héberger jusqu’à cinq.

Parmi les trois résidentes, une ancienne danseuse nue, qui n'a plus de contact avec sa famille, est hébergée à La Sortie depuis janvier.

«Quand je suis arrivée ici, je ne dormais pas, je faisais de l’anxiété, j’étais en dépression. Ici, il y a des ateliers, on peut suivre des thérapies, mais c’est surtout une place de répit et de repos», a confié la femme à TVA Nouvelles.

L’organisme a mis des années avant de pouvoir mettre sur pied cette maison. Grâce à Justice Canada et à des galas annuels organisés par l’organisme, La Sortie peut offrir aux escortes, danseuses nues et victimes de proxénètes de précieux services pour tourner la page sur ce chapitre de leur vie. Il est néanmoins constamment à la recherche de financement.

«Il y a une crise, mais présentement, il doit y avoir un investissement majeur pour offrir des solutions de sortie aux filles», a affirmé Ronald Lepage, directeur général de La Sortie.

Dans le Grand Montréal, ce sont au moins 4000 personnes, majoritairement des femmes, qui sont victimes d’exploitation sexuelle.