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Valérie Plante fustige le projet de loi sur la laïcité

Elsa Iskander

 - Agence QMI

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TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a livré jeudi une salve de critiques contre le projet de loi sur la laïcité, dont certains éléments entrent en contradiction avec la charte montréalaise qui s'oppose au racisme et à la xénophobie.

«Ce projet de loi va également à l’encontre de la Charte montréalaise des droits et responsabilités qui est fondée sur l’engagement à combattre la discrimination, le profilage racial, la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’âgisme, la pauvreté et l’exclusion, lesquels sont de nature à miner les fondements d’une société libre et démocratique», a dit Mme Plante.

«Nous devons remettre en question le fait que le gouvernement s’engage sur cette pente glissante et contourne certains principes fondamentaux de la Charte québécoise et de la Charte canadienne des droits et libertés», a ajouté la mairesse.

Mais encore, le projet de loi «passe outre l’autonomie des municipalités et des corps policiers municipaux», a-t-elle déploré, souhaitant une plus grande latitude pour le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

La proposition législative interdit notamment le port de signes religieux par des employés de l’État en situation d’autorité – avec une exception prévue pour ceux déjà en poste.

Tout comme la mairesse, le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Lionel Perez, estime que le projet de loi ne règle pas l’enjeu de l’intégration et risque de nuire à l’accès à l’emploi.

D’après eux, la métropole, cosmopolite et avec une large population immigrante, sera plus affectée que d’autres régions.

La mairesse Plante entend faire valoir les réalités spécifiques de la métropole en commission parlementaire, même si elle les a déjà évoquées «a de nombreuses reprises». La question de l’application de la loi est également problématique, prévient-elle.

Au prochain conseil municipal, en avril, l’opposition présentera une motion soutenant la laïcité ouverte et demandant l’inclusion d’un «chapitre Montréal» dans le projet législatif. M. Perez croit qu’une exception pourrait être nécessaire pour la métropole.

La Commission scolaire English-Montréal a indiqué qu’elle ne se pliera pas aux exigences sur le port de signes religieux advenant l’adoption de la loi.

Pour sa part, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Alain Fortier, critique un «projet de loi extrêmement incohérent».

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