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Des chauffeurs de taxis perturbent le déjeuner du ministre Bonnardel

Amélie St-Yves | Agence QMI

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a déjeuné sous surveillance policière dans son propre comté dimanche matin, tandis qu’une trentaine de chauffeurs de taxi en colère ont fait énormément de bruit pour perturber le repas qu’il partageait avec des militants de la CAQ.

Quelques agents de la police de Granby étaient debout à surveiller les manifestants, à l’extérieur de la salle où le ministre mangeait un repas de style cabane à sucre. Le bruit incessant des klaxons a perturbé la quiétude de la rue Dufferin.

«Le but n’est pas seulement de le déranger, mais de le sensibiliser à devenir un humain. Ce n’est pas humain ce qu’il fait», a dit Malek Zinati, le chauffeur de taxi montréalais à l’origine de cette perturbation.

Les chauffeurs demandent le retrait du projet de loi 17, qui propose de déréglementer l’industrie du taxi. La nouvelle loi ouvrirait la voie à Uber, en plus de provoquer une grande baisse de la valeur des permis puisqu’ils ne seraient plus nécessaires.

Des chauffeurs qui ont investi parfois plus de 200 000 $ dans l’achat d’un permis disent qu’ils ne trouveront plus d’acheteurs si le projet de loi est adopté tel quel. Ils perdront ainsi ce qu’ils voulaient récupérer à leur retraite. Les plus jeunes qui n’ont pas fini de rembourser leur prêt devront terminer de le faire, même si leur permis ne vaudra plus grand-chose.

500 millions $

Québec promet 500 millions $ pour dédommager les propriétaires, mais c’est insuffisant, selon eux.

Le copropriétaire de Taxi Magog-Orford Marc Tétreault estime que son entreprise pourrait perdre 1,2 million $ si le projet de loi 17 est adopté.

Il a expliqué avoir travaillé pendant des années, à faire des journées de travail de 17 heures, 12 jours de suite pour deux jours de congé, car il voulait s’assurer une retraite.

«J’avais quatre jours off par mois à partager avec mes enfants et ma famille, il ne me restait pas grand-chose. Et avec cette loi, il ne me restera plus rien», a-t-il dit.

Chaos

Malek Zinati a dit que les prochaines manifestations seront plus chaotiques que les ralentissements de circulation survenus lors de la journée de grève générale du 25 mars.

«Ce n’était pas un chaos, c’était juste une caresse. Comme un petit bisou», a-t-il prévenu.

M. Zinati a pu entrer dans la salle des Chevaliers de Colomb avec trois confrères du taxi pour aller discuter avec le ministre Bonnardel une dizaine de minutes. Il en est ressorti avec l’impression que le ministre ne voulait pas reculer sur le projet de loi, mais qu’il était ouvert à discuter des indemnités.