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Étudiantes victimes de harcèlement à l'Université Concordia

Béatrice Roy-Brunet

 - Agence QMI

Lisa Komlos, étudiante de l'université, a dénoncé la situation sur les réseaux sociaux.

ALEXIS AUBIN/AGENCE QMI

Lisa Komlos, étudiante de l'université, a dénoncé la situation sur les réseaux sociaux.

L'Université Concordia a augmenté la sécurité sur son campus après que plusieurs femmes se soient plaintes d'y avoir été harcelées.

Lisa Komlos, étudiante de l'université, a dénoncé la situation sur les réseaux sociaux vendredi après avoir été approchée par deux hommes différents durant le mois de mars. Les deux évènements se sont produits au Complexe intégré d'ingénierie, d'informatique et d'arts visuels de Concordia, appelé le pavillon EV.

«C’était deux hommes différents, dans la mi-vingtaine, les deux m’ont approché avec un sens de l’urgence. Les deux ont commencé avec un compliment, a-t-elle relaté au "24 Heures". Ils disaient: “je devais venir te voir”, “je devais te dire que tu es tellement belle”.»

Ceux-ci ont poursuivi la discussion en lui posant des questions personnelles et en tentant de quitter le campus en sa compagnie. Selon Mme Komlos, le dernier homme l’a aussi suivi dans le hall de l'immeuble.

Leur attitude a mis la puce à l’oreille de l’étudiante. «Ils avaient le même sens de l’urgence, les mêmes questions et le même comportement, je trouvais que ça ne pouvait pas être une coïncidence.»

Cette dernière a rempli un rapport auprès de l’université au sujet des incidents mercredi dernier. Elle a ensuite publié une vidéo sur les réseaux sociaux, qui a été visionnée plus de 100 000 fois, afin d’informer les autres femmes de la situation.

Plus de sécurité

À la suite de la publication de sa vidéo, plusieurs femmes lui ont écrit afin de partager des histoires similaires à travers le campus, ainsi qu'à l’Université McGill.

L’Université Concorida a indiqué samedi sur les réseaux sociaux qu’il y aurait davantage de personnel de sécurité sur le terrain. L’institution a rappelé dans la foulée qu’il était toujours possible de joindre la sécurité sur le campus afin d’obtenir de l’assistance.

Plusieurs possibilités

Selon la criminologue Maria Mourani, il serait possible que la situation soit du recrutement de proxénètes. «Le fait que c’est deux gars différents qui ont le même modus operandi, le même discours, c’est quelque chose d’un peu plus organisé qu’un simple harceleur», a-t-elle remarqué.

«S'il y a une répétition sur le campus ou autour du campus, donc plusieurs filles qui ont été abordées par des gars différents qui tiennent le même discours, il y a une bonne probabilité que ça soit du recrutement de proxénète.»

Mme Mourani n’exclut pas non plus qu’il puisse s’agir d'une communauté de garçons s’encourageant à harceler les femmes ou de deux hommes «à la chasse ensemble».

Ce n'est pas la première fois que les dirigeants de l'université mettent en garde les étudiantes. À l'automne 2017, Concordia avait appelé à la prudence après avoir pris connaissance de deux cas d'étudiantes qui avaient été droguées et agressées sexuellement après avoir été attirées hors du campus.