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Pénurie de main-d’œuvre: les carrossiers du Québec se mobilisent

Pierre-Antoine Gosselin | TVA Nouvelles 

Les carrossiers du Québec sonnent l'alarme à leur tour alors que la pénurie de main-d’œuvre touche ce secteur. De moins en moins de jeunes choisissent cette vocation et ce problème pourrait bien affecter le service offert aux clients selon de nombreux professionnels.

«Un peu de relève ça ferait du bien. On aurait pris deux ou trois gars de plus cet hiver, c'est certain», dit Simon Trudel, un technicien en carrosserie chez ProColor Armand-Paris, à Québec.

Les carrossiers du Québec sont dans une impasse. Comme plusieurs secteurs, cette industrie est touchée par la pénurie de main-d'œuvre. Il faut également ajouter un manque criant de relève. Les inscriptions au sein des centres de formation professionnels se font de plus en plus rares.

«On a quand même un bon volume d’ouvrage qu’on ne sera pas capable de faire. Les assurances doivent être conscientes de ça», soutient Stéphane Tremblay, directeur chez ProColor Armand-Paris.

«Les métiers manuels ont été délaissés un peu dans les cinq à six dernières années, dont celui de carrossier. On se les arrache les jeunes», explique Luc Fillion de la Corporation des carrossiers professionnels du Québec (CCPQ).

La CCPQ mobilise ses membres pour pallier à ce problème. Sur les 13 centres de formation de la province, huit prennent part au projet pilote «Alternance travail-étude.»

«Il y a 40% du 1600 heures d’études en carrosserie qui se font sous supervision, en atelier, avec un mentor qui est formé. Les professeurs se rendent dans les ateliers de carrosserie pour valider à toutes les semaines ce que les étudiants ont mis en pratique», décrit Monsieur Fillion.

«Il y a de la sensibilisation qui va devoir se faire auprès des orienteurs, même des parents d’élèves», ajoute Stéphane Tremblay.

Ce dernier a par ailleurs fait appel à la Commission scolaire de la Capitale afin de faire reconnaître les acquis chez huit de ses employés, une façon de favoriser la rétention de ses employés.

«Oui il faut qu’ils attirent de nouvelles personnes, mais ce qui est important pour eux aussi, c’est de réussir à avoir des gens hyper performants, polyvalents et qui ont le goût de rester au sein de leur entreprise», mentionne Maude Plourde, directrice au Services de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes de la Commission scolaire de la Capitale.

La CCPQ estime que plus de 1000 postes de carrossiers sont à combler. Un défi de taille pour un domaine aussi spécifique.