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Licenciement collectif chez Bombardier à La Pocatière

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

Bombardier Transport mettra à pied 85 employés de La Pocatière d’ici la fin du mois de mai, soit près du tiers des travailleurs de l’usine. De l’expertise risque d’être perdue, craint le syndicat.

La fin d’un contrat de fabrication de pièces primaires pour le métro de New York et la livraison des dernières voitures Azur du métro de Montréal il y a deux semaines forcent les dirigeants à prendre cette décision.

«Ils sont mis sur appel, comme la convention le nomme. Comme notre industrie est cyclique, on a espoir bien sûr de minimiser les impacts. On travaille toujours à amener d’autres contrats pour les travailleurs de La Pocatière», a dit Éric Prud’homme, porte-parole pour Bombardier Transport.

Il espère aussi que le chiffre de 85 pertes d’emplois soit revu à la baisse d’ici la date des mises à pied, le 31 mai.

Comme la Loi sur les normes du travail l’exige, Bombardier Transport a émis il y a quelques jours cet avis de licenciement collectif au bureau du ministère du Travail. On explique ce licenciement par la diminution des activités de production de l’usine.

Reprise à l’automne

La prolongation du contrat pour la fabrication de 153 autres voitures Azur pour le métro de Montréal ne débutera pas avant l’automne.

Impossible de savoir combien de travailleurs seront rappelés à ce moment, sur les 85 licenciés.

Actuellement, Bombardier Transport emploie 525 personnes à La Pocatière, dont 300 dans l’usine.

Le départ des 85 employés licenciés, majoritairement des ouvriers de production, fait fondre de près du tiers le nombre de personnes qui travaillent activement dans l’usine.

Le syndicat des travailleurs de Bombardier Transport à La Pocatière craint de perdre des travailleurs formés et habitués à l’usine.

«On va perdre de l’expertise [si les travailleurs se trouvent un emploi ailleurs]. VIA Rail nous a filé en dessous du nez. On demande toujours le contenu local de 25%», rappelle Claude Michaud, le président du syndicat des travailleurs.

En décembre dernier, plusieurs syndiqués avaient manifesté à l’extérieur de l’usine pour exprimer leur exaspération de voir leur passer sous le nez des contrats d’importance, qui ne comprenaient pas d’exigences de contenu local.

Ils citaient en exemple les cas du Réseau express métropolitain (REM), dont les voitures seront fabriquées en Inde; celui de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), qui fera assembler ses trains de banlieue en Chine, ainsi que celui de VIA Rail, qui a choisi de faire affaire avec la multinationale allemande Siemens. Cette dernière s’en remettra aux travailleurs d’installations situées aux États-Unis pour la fabrication des nouveaux trains de la société d’État.

 

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